mercredi 25 mai 2016

Cannes 2016 : Interview de Kristen avec LA Times

A l'occasion de la press junket de Personal Shopper lors du Festival de Cannes 2016, Kristen revient sur son bonheur d'être sur la Croisette, le cinéma européen/américain, sa relation avec Olivier Assayas et son métier dans une interview avec LA Times.


Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs
 
A Cannes, Kristen Stewart nous rappelle pourquoi elle est l'une des jeunes actrices les plus prometteuses du cinéma

A l'intérieur de l'enceinte de presse restreinte au restaurant chic du Majestic Beach, le chaos organisé est la règle alors que les journalistes, photographes, publicistes, maquilleurs et assistants et les employés en nombre gravitent en vol stationnaire comme des satellites autour du soleil éclatant de la célébrité.

Dans un coin est assis Jeff Nichols, le réalisateur de Loving, parlant avec une horde de journalistes. Dans un autre, Kristen Stewart, l'actrice du moment au Festival de cette année avec des rôles très différents mais tout aussi impressionnants dans Café Society de Woody Allen et Personal Shopper d'Olivier Assayas, pose pour une horde de photographes, paraissant languissante et en retrait.

Dans la conversation, cependant, Stewart âgée de 26 ans n'est rien de la sorte. Animée, ardente et impliquée lorsqu'elle se réchauffe sur un sujet, c'est une vraie croyante cinématographique, passionnée par l'art du cinéma et la manière dont elle espère y contribuer.

'C'est pour une occasion chanceuse pour moi. Je vais définitivement récolter les bénéfices', dit Stewart à propos de sa double programmation. 'C'est vraiment fantastique, je me force moi-même à être présente, à le ressentir, à vraiment m'en délecter'.

Parce que Café Society a ouvert le Festival il y a une semaine, c'est le plus récent Personal Shopper qui est sur toutes les lèvres, un film inclassable qui a engendré sifflements et ovations lors des projections successives. [Interrogé à propos de la réponse lors de la press junket du film, Stewart était indifférente, 'Eh, tout le monde n'a pas hué']

L'histoire d'une jeune femme américaine à Paris qui travaille en tant que personal shoppeuse pour une célébrité riche tout en en essayant de prendre contact spirituellement avec son frère jumeau décédé récemment – il s'agit d'un film atmosphérique, impliquant de manière inattendue – une partie avec une histoire de fantôme fantasmagorique, une partie avec un thriller, une partie avec un drame sur l'âge avançant – le tout enjoint et agrandi par la performance de bravoure de Stewart.

Personal Shopper est son second film avec avec le grand réalisateur français Olivier Assayas ; le premier, Clouds Of Sils Maria, a permis à Stewart de remporter un César, l'Oscar français, pour la Meilleure Actrice Dans Un Second Rôle. Elle a été la première actrice américaine à remporter le prix français et cette réalité la dépasse toujours.

'Cela m'a retourné l'esprit, je ne pouvais pas y croire', se souvient Stewart. 'Le fait que je ne sois pas originaire d'ici, c'est une histoire à couper le souffle, bien sûr. Et cela démontre ce qui est important ici'.

'Aux Etats Unis, nous donnons des accolades pour des performances beaucoup plus extrêmes : les films sur le cancer, des têtes rasées, des personnes qui perdent énormément de poids ou en prennent énormément … L'industrie du cinéma est plus ressenti que la culture cinématographique'.

'Ici', continue t-elle au sujet du cinéma français, 'Ils sont restés en contact avec nous avions l'habitude de faire dans les années 70 : les films provoquent la réflexion'. Même si elle n'est certainement pas opposée à faire une superproduction hollywoodienne, elle souligne 'que cela doit être avec les bonnes personnes. Il doit en valoir la peine'.

Ce qui vaut vraiment la peine pour Stewart est de travailler avec Assayas, un réalisateur avec lequel elle a créé une relation créatrice particulièrement étroite. 'Il n'y a pas d'étiquette pour cela', dit-elle, 'C'est difficile de poser des mots dessus … J'ai le sentiment d'être visible lorsque je traîne avec lui. Je me sens comprise, ce qui est un sentiment vraiment nécessaire entre un acteur et un réalisateur. Nous sommes toujours d'accord sur tout, même si nous ne le verbalisons pas. Nous savons lorsque nous avons réussi un sentiment dans une scène. Je sais lorsqu'il va avancer. C'est l'objectif, c'est la version idéale de ce que je veux, mais ce n'est plus un idéal, c'est vrai'.

Travailler avec Allen, dit l'actrice, était une expérience différente mais également que demande de l'implication. 'Sa capacité à instiller ce ton unique qu'il possède a été surprenant pour moi, parce qu'il ne dirige pas beaucoup, il s'agit d'une forme plus libre que je ne l'avais prévu', dit Stewart. 'Il se révèle tellement naturellement, sans direction manifeste. Il possède cette sorte de confiance dans les réactions initiales'.

L'actrice, qui est presque dans chaque scène de Personal Shopper, dit que le tournage au quotidien était 'épuisant, presque implacable'.

'Sur les autres films, il y a des moments où vous pouvez respirer, des jours de repos où vous pouvez recharger, vous reconstruire, mais pas ici', ajoute t-elle.

Pour rendre les choses un peu plus compliquées que dans la vraie vie, Stewart déteste le shopping. 'J'adore les vêtements, mais les acheter donne l'impression d'indulgence et bizarrerie. Je n'aime pas demander de l'aide dans les magasins et je ne veux pas être la personne qui prend simplement tout. Je dois vraiment aimer quelque chose pour l’acheter'.

Pour l'aider à rester fraîche avec l'expérience compliquée Personal Shopper, Stewart a lu le scénario une seule fois et suivi sa politique d'apprendre ses répliques uniquement le jour où ils sont tournés. 'Je veux devoir les atteindre', dit-elle. 'Je ne veux pas les sentir sur le bout de ma langue'.

Les parents de Stewart sont tous les deux dans le métier (sa mère est une scénariste, son père un producteur TV) et cette éducation, dit-elle, 'l'a entichée avec les bonnes motivations' qui guident encore son travail cinématographique, mais non sans problèmes occasionnels.

'Mon champ de vision est très étroite en ce qui concerne la carrière', dit-elle. 'Ma motivation est de suivre mon impulsion créatrice plutôt que d'essayer de parvenir à une sorte de statut, un certain niveau d'accomplissement'.

'Parfois, il est difficile d'adapter un tel monde occasionnellement stupide. Mais j'ai appris que je peux passer au dessus de ça, de ne pas avoir le sentiment d'être attachée à quelque chose. J'ai l'habitude de penser, 'Tout ça, c'est des conneries, tout est à propos d'argent, d'argent, d'argent'. Mais tout n'est pas comme cela, tout le monde n'est pas comme cela et nous pouvons nous trouver les uns les autres'.
  
Source: LATimes 

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