jeudi 12 mai 2016

Personal Shopper : Sur le tournage du film à Pragues avec The Guardian

Une petite balade sur le tournage de Personal Shopper à Pragues en compagnie d'un journaliste de The Guardian. Avec des interview de Charles Gillibert, Olivier Assayas, Sigrid Bouaziz tous les trois parlant du travail de Kristen pour ce film.


Traduction faite par le Staff de Kstew France. Merci de nous créditer AVEC lien si vous la reprenez ailleurs.


La visite du tournage de Personal Shopper à Prague à eu lieu en Décembre.

Durant une matinée vivifiante de froid du mois de Décembre, un cottage remplie avec de gazon et de treillis de jardin se dresse dans un studio dans la périphérie de Prague. A l'intérieur, Kristen Stewart interprète une scène du thriller surnaturel Personal Shopper. Plus loin on aperçoit Olivier Assayas, l'auteur et réalisateur qui a su cajoler la performance de l'actrice de 26 ans dans Sils Maria. Dans ce film, elle était Val, l'assistante non sentimentaliste et franche, d'une actrice joué par Juliette Binoche. Le travail de Stewart pour Assayas lui a valu d'être la première actrice américaine à avoir remporté un César, l'équivalent français de l'Oscar. Et la nouvelle vient d'arriver à Prague que l'actrice vient d'être récompensée pour cette même performance par le New York Film Critics Circle. "C'est une réelle possibilité maintenant qu'elle puisse être nominée aux Oscars", dit Charles Gillibert, le producteur de Sils Maria et Personal Shopper, alors qu'on se promène sur le tournage. (Elle ne l'a pas eu.).

[...]

C'est un moment clé dans le tournant de la carrière de Stewart. Après avoir pris deux ans de repos après la fin de la Saga Twilight, elle est revenue avec une série de films qui signale son intention d'enterré Bella pour toujours. Dans Camp X-Ray, elle joue une gardienne de Guantanamo Bay; une scène, dans laquelle un prisonnier la recouvre d’excréments, ce qui prouve qu'elle n'a pa peur de se salir les mains, avec tout le reste. Ensuite Sils Maria a fait sortir Stewart de sa zone de confort. Des films avec Woody Allen (Café Society) et Ang Lee (Billy Lynn's Long Halftime Walk) ont suivi. C'est une période très occupée. Un nouvelle aube, vous pourriez dire. 

Dans le dernier film d'Assayas, elle interprète le rôle de Maureen, une personal shoppeuse de star. Elle est son frère jumeau, Lewis, qui sont tous les deux médiums, ont fait un pacte : le premier d'entre eux qui meurt établira un contact avec l'autre par delà leur tombe. Quand Lewis meurt, Maureen va dans sa maison pour y attendre un signe de son frère. Dans la scène qui était tourné ce matin-là, elle et la petite-amie de Lewis, interprété par Sigrid Bouaziz, discutent des séances.  Après la quatrième prise, Assayas intervient "Pas mal du tout !" Après la cinquième: " Une dernière." Dans chacune d'entre elles, Stewart apporte sa touche minimaliste d'intensité :  les traits anguleux, la bouche serrée et son regard fixe perçant contiennent des tensions infinie et mystérieuses. Son antenne semble être en constant mouvement. 

Entre les prises, Bouaziz, 26 ans aussi, interpelle sa co-star à propos d'un mot qui apparait dans une de ses lignes : tacky [NT: kitsh, de mauvais goût]. "Ca peut vouloir dire, genre, ringard", explique Stewart. "Je connaissais le mot," me dit Bouaziz plus tard, en tuant le temps pendant les préparation. "Mais j'adore le demander à Kristen car elle me dit comment les jeunes personnes parle en anglais."

[...]

"Il y a des studios à Hollywood demandant à Olivier de faire des films," me dit Gillibert autour d'un café. "Il peut faire ce qu'il veut. Il fait du cinéma Européen." Il voit un parallèle entre Assayas et Stewart. "Comme Olivier, Kristen se met au défi. J'ai vu sur Personal Shopper comment Olivier a du s'adapter à cause de ce que fait Kristen de son personnage. Il m'a dit : "Elle stimule les scènes! Je pensais qu'elle allait faire ceci, mais elle fait cela." Avec Kristen, il n'y a rien qui n'est pas important. Tout est rendu signifiant par ce qu'elle fait."

Quand l'équipe fait un pose pour le déjeuner, je m’émisse près d'Assayas alors qu'il mange une soupe et une salade dans la tente qui sert de cantine. Stewart est assise quelques bancs plus loin, parcourant les textes et rigolant avec une amie. "C'est une génie, " dit le réalisateur de 61 ans. "Elle a une compréhension instinctive du cinéma et une précision extraordinaire de sa connaissance du photogramme. Elle n'est jamais ennuyeuse -  elle sait faire de chaque prise, une prise captivante."

Ce n'était pas dans son intention de faire deux films consécutifs avec Stewart. Mais quand un production US est tombée à l'eau au dernier moment,  il s'est concentré sur Personal Shopper. "J'ai écris ce film très vite et il en est sortie une sorte de continuité de notre premier film ensemble. Sils Maria m'a ouvert des portes. Des choses que je ne pouvais toucher avant j'étais capable de les faire maintenant: mélanger la réalité et des éléments de genre, travailler avec l'invisible." Dans les deux films, Stewart joue une femme qui gravite dans un monde de richesse et de célébrité. "Une personal shoppeuse est le boulot le plus étrange que vous pouviez trouver," explique-t-il. "Vous effectuez des affaires en surfaces, mais ce n'est même pas pour vous. Maurren fait un travail qu'elle n'aime pas, et le film est à propos d'elle essayant de comprendre sa propre identité. Elle est plus sombre que Val. Et le film est plus sombre. Sils Maria peut être vu comme une comédie. Celui là non."

 Stewart est à l'extérieur de la tente, un bonnet en laine recouvrant ses oreilles, un cigarette à la bouche. Quand il est temps pour elle de revenir, quelqu'un se met à parler dans un talkie-walkie : "Kristen est en marche." Je retourne avec Assayas vers le cottage. C'est différent de dirigé Stewart cette fois-ci, dit-il. "Tout était filtré par Juliette avant. Je ne poussais pas Kristen dans ses limites. Tout était à propos de l’emmener dans un nouvel endroit pour qu'elle puisse faire des choses qu'elle n'avait pas encore essayé. Maintenant, c'est plus de pousser ça le plus loin que nous le pouvons."

L'après-midi se passa à tourner une scène flash-back avec Maurren et Lewis, qui est interprété par l'acteur Norvégien Ander Danielsen Lie. Il n'y a eu aucune nouvelle de l'agent de Kristen, je décide donc d'apeller Peter Sattler, le réalisateur de Camp X-Ray, pour avoir une idée de pourquoi elle était si élusive. "Kristen aime vivre dans le moment présent sur le tournage et de préserver la magie d'une première prise," explique-t-il. "Elle réagit en fonction de ce qu'il se passe à ce moment là, donc en fait on ne ressent jamais le fait qu'elle puisse lire des lignes. J'aurais stopper une scène quand elle ne s'y attendait pas, pour la voir troubler. Ou alors, j'aurais critiqué une prise en connaissance de cause pour l'énerver. Elle aurait était là " Tu te fous de moi ?" Elle faisait les cents-pas sans arrêts. Je lui ai dit : "Nous faisons un tout petit, petit film et tu es l'un des plus grandes stars de la planète. Est-ce que tu vas faire la diva ?" Elle a dit, "Non, je suis partante pour ce film. Je suis là." Et elle l'était. Les gens viendrait sur le tournage et dirait, "Où est Kristen ?" Elle serait simplement là, en costume, trainant avec l'équipe du film. C'est l'égérie de Chanel pour l'amour de Dieu !"

Le tournage s'est déplacé à l'intérieur du cottage et il n'y avait nul par où rester pour moi sans être sur le chemin de quelqu'un. Je peux rester encore une heure ou deux derrière l'écran. Ou alors je peux regarde le derrière de la tête de Stewart à travers une fente de la clôture du jardin. Il commence à faire sombre. Je me dirige vers la cabine où se trouve le bureau de la production. Je demande à Barthet si je pouvais avoir une voiture pour m'emmener à l'aéroport maintenant. 

Elle semble surprise, mais part voir si un chauffeur était disponible pour me prendre. Je m'assoie sur le bureau d'un de ses collègues. Je remarque un post-it sur une enveloppe A3. On peut y lire: "Chère Kristen, je voudrais savoir si vous pourriez gentiment me signer ces photos."

Je me suis senti d'un coup super déprimé. C'est un toute petite et prestigieuse production européenne, réalisé par un réalisateur énormément récompensé et destiné pour la compétition à Cannes. Ça ne pouvait pas être plus éloigné de Twilight. Et pourtant tout le monde réclame un petit quelque chose de Kristen Stewart. Je m'inclus dans ces personnes, à côté de cet inconnu qui lui demande son autographe. 

Malgré cela, il ne serait pas bien de dire que j'ai eu une journée de perdue. Quand mon chauffeur st venu me chercher à l'aéroport la nuit d'avant, il m'a donné un sac Personal Shopper remplie de goodies, qui contenait une bouteille de vin blanc. Je n'ai pas pu trouver un tire-bouchon dans ma chambre d'hôtel j'ai donc essayé en utilisant un stylo. Tout ce que ça a fait c'était de casser le stylo et de réduire le lige en miettes. J'ai donc appelé la réception pour avoir un tire-bouchon. Après que le monsieur du room service est ouvert la bouteille, je lui ai donné un pourboire de 200 Czech koruna, ce qui est un peu plus de 5£, car je n'avais aucune monnaie.

Donc essentiellement j'ai détruis un stylo et j'ai entamé une petite bouteille de vin. Quand à Kristen Stewart, de quelque manière que ce soit, je n'ai pas gradué avec le statut de client des vitres.


source : The Guardian




 


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