vendredi 29 juillet 2016

Equals : Interview de Kristen & Nicholas Hoult avec Vulture

A l'occasion de la press junket américaine d'Equals à Los Angeles, Kristen et Nicholas reviennent sur le film, Drake Doremus, le métier d'acteur et la célébrité dans une interview avec Vulture.


Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Kristen Stewart et Nicholas Hoult à propos d'Equals, du fait d'apprendre les répliques et d'être vu
Dans le nouveau film d'Equals réalisé par Drake Doremus, Kristen Stewart et Nicholas Hoult jouent des personnages profondément refoulés vivant dans une société futuriste dans laquelle toutes les émotions sont interdites – un problème, depuis que les deux ont commencé à tomber amoureux l'un de l'autre et qu'ils doivent garder leur amour en plein essor secret. Leur casting s'est déroulé sans encombre, depuis ces deux acteurs qui n'ont aucun mal à s'exprimer hors écran : Stewart, en particulier, est tellement candide et susceptible de porter ses émotions en bannière que l'acte même de la placer dans une telle société verrouillée à l'écran contient le suspense inhérent. Il y a peu de temps, Vulture a rencontré les deux pour une conversation en roue libre à propos du film et de leur approche toute particulière de l'interprétation et de la célébrité.
Journaliste : Nic, j'ai entendu que lorsque tu as vu Equals pour la première fois, tu avais le sentiment d'être un voyeur alors que tu te voyais en train de tomber amoureux de Kristen. Drake a t-il été en mesure de développer des choses en vous dont vous n'avez pas conscience alors que vous les faisiez ?
Nicholas Hoult : A l'époque, j'ai probablement réalisé ce que j'étais en train de faire. Mais cela n'est pas dans le scénario, cela n'est pas quelque chose qui était prévu, c'est simplement quelque chose qui était très …
Kristen Stewart : Fugace …
Nicholas Hoult : Et ensuite, vous n'y pensez plus, vous ne vous attardez plus dessus. C'est un an plus tard lors que vous êtes dans la cabine ADR [note du staff : doublage de voix] et que vous vous regardez faire quelque chose que vous vous dites, 'Wow, cela donne le sentiment que c'est ma propre vie à l'écran. Et je ne devrais pas regarder ça'.
Journaliste : Est-ce que cela donne le sentiment d'être une victoire, lorsque vous pouvez vous surprendre comme ça ?
Kristen Stewart : C'est bizarre, parce que depuis que nous jouons des gens qui sont très simplifiés et mis à nu, nous sommes presque nous-mêmes dans ce film. Sans aucun développement social ou idiosyncrasies, la version la plus bouillie du fait d'être en vie est ce que nous essayons de faire – et donc en le regardant, je n'ai pas le sentiment que je regarde quelqu'un d'autre. La raison pour laquelle c'est surprenant est que les éléments qui faisaient monter la crème étaient les choses qui se produisaient autour de nous dans l'instant. Habituellement, nous pouvons nous attribuer le crédit pour cela, mais dans ce cas, nous nous sommes dit, 'Whoa Drake, merci de nous avoir mis sur cette voie'.
Journaliste : Êtes-vous bon dans le fait de regarder votre propre performance dans les films ?
Nicholas Hoult : Je ne suis pas particulièrement fan.
Kristen Stewart : Ouais, il n'aime pas ça.
Nicholas Hoult : Je pense toujours que j'aurais pu mieux faire ou différemment. Prendre du recul c'est avoir 20/20, n'est-ce pas ?
Journaliste : Vous êtes meilleure, Kristen ?
Kristen Stewart : Techniquement, je suis meilleure pour cela parce que je le fais plus. Parce que cela complète un processus pour moi. J'ai toujours voulu faire des films et je veux réaliser et écrire et continuer encore et encore de jouer, donc cela est mieux de regarder la performance. C'est instructif et pas d'une manière technique – ce n'est pas comme si je dis, 'Ohhh, j'ai vu mon visage faire cela et je sais maintenant comment pleurer à l'écran'. C'est plus comme si vous pouvez établir une corrélation entre l'expérience de faire le film jusqu'au produit final, cela affecte la façon dont vous portez cela à ce point. Je veux me perdre dans un rôle, je veux être complètement attirée par les choses pour des raisons naturelles et ne pas considérer un public, mais en même temps, je me soucie vraiment que le film soit bon. J'aime tellement le processus de faire un film que ne pas le finir ne serait pas logique.
Journaliste : Alors, dans quelle mesure avez-vous ressenti la complicité dans la finition d'Equals ? Est-ce que Drake vous a impliqué dans le processus de post production ?
Kristen Stewart : Pas du tout. [Rires] Je sais qu'il a un monteur qu'il adore, mais il a vraiment la main sur tout et il fait les montages en quelque sorte dans sa maison à Los Feliz. Tout le temps, je me disait, 'Il est à quelques blocs de maisons de moi en ce moment', mais je ne lui ai pas parlé pendant plusieurs mois après que nous ayons fait ce film. Il va y avoir des moments où je vais appeler les réalisateurs et je me dis, 'Hey, quoi de neuf ? Est-ce que je peux venir voir des choses ? Est-ce que tu peux me dire à propos de quoi tu es excité et ce qui a fonctionné et n'a pas fonctionné et ce qui tu as appris en se basant de ces trois petits de moins que nous avons passé ensemble ? Quel est le problème ?'. Mais je n'ai jamais appelé Drake. J'étais simplement crevée après que nous l'ayons tourné et ce n'était pas quelque chose que j'ai essayé de contrôler. Mais en le regardant, je vois qu'il a fallu que chaque personne – me, Drake, John le directeur de la photographie, Nic – pour le faire. C'est un mélange. Le film est un putain de mélange. Drake ne contrôle rien, mais il instille son ambiance en lui d'une manière naturelle, ce dont je suis fan. Donc je ne vais pas affecter cela. Je ne vais pas appeler et dire, 'Hey, n'oublie pas cela, dans le cas où tu ne l'aurais pas vu !'.
Journaliste : Avez-vous fait cela avec d'autres réalisateurs ?
Kristen Stewart : Ouais avec des gens dont j'ai le sentiment qu'ils ne me voient pas. Mais je me sens tellement visible aux côtés de Drake et Nic. Je ne me suis jamais dit, 'Tu vois ce que ce je veux dire ?'. Ouais, bien sûr ils le font. Cela a foutrement été fait. Inexprimé.
Journaliste : A quel point Equals a t-il été improvisé sur le moment ?
Nicholas Hoult : Vous avez un scénario, mais ensuite Drake dit, 'Naaaaan, ne dis pas ça'. J'ai réalisé que je suis habitué avec le fait de connaître mes répliques et en les mettant un peu en veilleuse.
Kristen Stewart : Je ne connais jamais mes putains de répliques. Même sur le film de Woody Allen, je ne connais pas mes répliques.
Nicholas Hoult : Vraiment ?
Kristen Stewart : Hum hum.
Nicholas Hoult : Comment cela fonctionne ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Kristen Stewart : Je les apprends rapidement si cela est nécessaire, mais en général, je pense qu'il es préférable que je trouve ou dise quelque chose de légèrement différent. Si vous êtes mis les bases correctement , cela fonctionne et c'est plus facile si vous jouez quelqu'un qui est proche de vous. Sur le film de Woody Allen, c'était plus difficile parce que je joue cette fille qui est tout simplement mon contraire, la petite personne la plus dynamique, la plus mignonne, mais une fois que je l'ai trouvée, nous pouvions totalement improviser dans le phraser de ses films, ce qui est dingue parce qu'il était si particulier. Tout ce que je dis, c'est qu'apprendre les répliques se fait à ma façon, mais à l'inverse, si vous ne les connaissez pas, vous vous y perdez. C'est un équilibre. Pour être honnête, je foire moi-même. Je me dis, 'Oh merde, je ne connais pas mes répliques !'. [Rires]
Nicholas Hoult : As-tu déjà été sur un film où le scénariste ou le réalisateur a dit, 'Non, dis les choses mot pour mot' ?
Kristen Stewart : Une fois. Avec Kelly Reichardt.
Journaliste : Pour votre film Certain Women ?
Kristen Stewart : Ouais.
Nicholas Hoult : Est-ce que c'était comme avec Aaron Sorkin, où tu dois dire tout exactement, même les signes de ponctuation ?
Kristen Stewart : Elle ne l'a jamais dit initialement, donc je n'étais pas préparée pour ça quand je suis arrivée sur le plateau de tournage. Je disais littéralement 'le' au lieu de 'est', juste la moindre altération pour le rendre plus proche de la façon dont je dis quelque chose et elle me disait, 'Oh hum, c'était génial, mais en fait, les mots sont comme cela'. Je disais, 'Oh ok. Putain. Je n'avais pas réalisé. Bon à savoir'. Elle aime les mots. Elle les écrit d'une certaine manière et elle les aime. Je ne pense même pas qu'elle réalise qu'elle aime autant les mots. Si je lui disais qu'elle a dit cela, elle disait, 'Non, je ne l'ai pas dit !'. Mais elle l'avait fait.
Nicholas Hoult : As-tu trouvé cela restrictif ?
Kristen Stewart : Ouais ouais. Mais en même temps, j'ai le sentiment que cela m'a éloigné de 'Kristen' et c'était sympa. Elle ne m'a pas embauché pour cela. Parfois, je suis embauchée pour cela et c'est véritablement ce qui sert au mieux le rôle, d'être totalement dedans et naturel. Mais cette fille [dans Certain Women] était différente. J'ai ce léger accent dedans …
Nicholas Hoult : Et les rythmes de la parole peuvent tout changer.
Kristen Stewart : Exactement. C'est le rythme ouais.
Journaliste : Le monde d'Equals, dans lequel vous êtes censé suffoquer et 'vivre' au sein de la société, pourrait-il être une métaphore de tant de choses. Quel était votre avis sur la question ?
Kristen Stewart : Que vous cachiez quelque chose d'intégral à vous-même ou quelque chose de plus petit, comme une humeur que vous pensez être inacceptable, c'est un sentiment terrible de pas être vu. C'est le pire en fait. Penser à quel point c'est affreux lorsque vous essayez de vous monter à quelqu'un et ils ne le voient pas ? Ça craint, mais ce qui est pire est de ne même pas essayer d'être vu, même pas de donner à quiconque la possibilité de vous connaître. C'est simplement le sentiment le plus isolant et de toute évidence, il y a des degrés de tout ce qu'il y a dans toutes nos vies, mais oui, il n'y a vraiment rien de pire que d'avoir à couvrir les parties essentielles, les plus importantes de vous-même. Cela signifie que vous niez ce que vous êtes et c'est le pire sentiment, croyez-moi. Je l'ai énormément fait. J'ai un travail que ne permet pas les humeurs – pas la partie concernant l'interprétation, mais durant la partie concernant la promotion.
Journaliste : Parce que si vous n'êtes pas satisfait et optimiste tout le temps, votre humeur sera donc sans cesse analysée et disséquée ?
Kristen Stewart : Ouais.
Nicholas Hoult : Ou mal interprété.
Journaliste : Après avoir vécu dans l’œil du public si longtemps, avez-vous à faire un effort concerté pour rester présent et réel dans les interviews, au lieu de simplement mettre votre armure ?
Kristen Stewart : Ouais, c'est bizarre. Cela n'est pas un effort concerté et je n'ai pas vraiment à me préoccuper de la façon dont cela va filtrer dans me monde en raison du peu de contrôle que j'ai sur des trucs comme cela. Chaque conversation que j'ai est une conversation tout à fait personnelle et si une question est posée par quelqu'un qui se soucie, je vais foutrement aller dans ce sens avec vous, vous voyez ce que je veux dire ? Mais si j'ai quelqu'un d'assis en face de moi qui me pilonne de détails qui rendront leurs sites internet très populaires ce soir-là, je ne m'engage pas. Et ensuite, ils vont critiquer cela et dire, 'Oh, vous êtes tellement secrète. Cela doit être triste de vivre comme ça'. Et je dis, 'Non, c'est juste avec vous en fait. J'ai vraiment de bonnes conversations avec vos collègues. Vous êtes mauvais dans votre travail'.
Journaliste : Comment vous sentez-vous lorsqu'un film se termine ? On vous demande d'avoir ces expériences émotionnelles très intenses avec des gens que, tout à coup, vous ne voyez plus.
Nicholas Hoult : Je suis devenu meilleur pour ça. Je me souviens que lorsque j'étais enfant, j'ai fait ce boulot et ma mère m'a dit que pendant deux jours après cela, je suis monté à l'étage et j'ai pleuré.
Kristen Stewart : Tu étais déprimé!
Nicholas Hoult : Pendant deux jours ! Je ne faisais que pleurer. C'est un sentiment horrible à la fin du travail. Eh bien, cela dépend du travail. Sur certains boulots, c'est une sorte de soulagement quand il est terminé, mais sur un boulot comme celui, vous n'êtes pas prêt à ce que cela se termine. Ces choses ne se produisent qu'une seule fois. Plus je vieillis, plus je deviens sentimental à ce sujet. Quand j'étais enfant, j'étais très émotionnel et ensuite je suis passé par une phase durant laquelle je me trouvais plutôt insensible et je pensais, 'C'est un boulot, on le traverse, bla bla bla', mais peu à peu je vieillis, je regarde en en arrière sur le boulot et je me dis, 'Wow, ça y est. Cela ne se reproduira plus jamais. Merde'.
Journaliste : N'avez-vous jamais l'impression d'être catalogué dans un certain type de rôle ?
Nicholas Hoult : Je veux faire des choses différentes. Je ne veux jamais quelqu'un dise, 'Oh, il ne fait que ces films'. Je pense que je suis chanceux parce que jusqu'à aujourd'hui j'ai réussi à éviter cela.
Journaliste : J'espère qu'après votre performance décalée dans Mad Max : Fury Road, vous avez détruit l'idée que vous pourriez être catalogué.
Nicholas Hoult : C'est un peu le but. Et pour faire des choses très différentes avec les bonnes personnes et apprendre. Vous devenez meilleur alors que vous vieillissez en ce qui concerne l'interprétation de toute façon. C'est l'un de ces boulots pour lesquels plus vous vieillissez, plus les personnages deviennent intéressants également.
Kristen Stewart : Ou pas.
Journaliste : Certains acteurs commencent à mettre fin à leur carrière plus tard. Vous pouvez le ressentir.
Kristen Stewart : Ouais.
Nicholas Hoult : C'est vrai en fait.
Kristen Stewart : Ce que tu viens de dire est en quelque sorte, hum, faux. [Rires pour les deux]
Nicholas Hoult : Je pense que le piège dans lequel les gens tombent est qu'ils croient alors qu'ils sont de grands acteurs parce qu'on leur dit énormément.
Kristen Stewart : Et ensuite ils arrêtent de jouer.
Nicholas Hoult : Et vous pouvez le voir.
Kristen Stewart : 'Cette personne est obsédée par elle-même'.
Nicholas Hoult : C'est ce que vous ne voulez pas. Chaque travail devrait être un défi. Et ensuite, vous vous présentez et vous faites de votre mieux, je suppose.



Source: Vulture


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