mercredi 25 janvier 2017

Come Swim : Interview de Kristen avec Refinery29

A l'occasion de la promotion de Come Swim lors du Festival du Film de Sundance 2017, Kristen évoque son premier court métrage, l'élection de Trump ou encore les femmes réalisatrices dans une interview avec Refinery29.



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs


Kristen Stewart nous dit à quoi cela correspond vraiment d'être 'une personne obsessionnelle'

De tout évidence, Kristen Stewart sait à quoi ressemble le chagrin.

Je ne le connais pas à cause de tous les gros titres des tabloïds ou parce qu'elle s'est confiée à moi ou parce qu'elle a finalement révélé l'histoire détaillée de sa vie amoureuse créant l'obsession dans une interview confessions. Je sais que Stewart a vécu une tristesse déchirante à cause de ce que j'ai vu dans ses débuts de réalisatrice, Come Swim, un court métrage de 17 minutes qui a été présenté en avant première lors du Festival du Film de Sundance la semaine dernière.

Stewart a écrit et réalisé le film dans le cadre de la série de films Shatterbox Anthology de Refinery29. Le court métrage se concentre sur la journée d'un homme, alternant entre les représentations abstraites, artistiques de son cœur brisé (des murs s'affaissant, des énormes vagues s'effondrant sur lui) et les scènes alarmantes réalistes le montrant dans un box, essayant d'affronter sa journée au travail. Tout au long du film, nous entendons des bribes de conversations passées entre notre héros (Josh Kaye) et son ex, des échanges apparemment sans importance à propos de la natation et de l'eau. C'est le genre de conversation que nous rejouons tous dans nos esprits après une rupture – en souhaitant les avoir appréciées à l'époque, souhaitant pouvoir les sortir de nos têtes).

Nous avons demandé à Stewart la raison pour laquelle elle a fait le film, le sentiment d'être un citoyen sous le président Trump et ce qu'il faudra faire pour que plus que de femmes réalisatrices fassent des films.

Journaliste : Où avez-vous l'idée pour Come Swim ? J'ai lu que vous étiez inspirée par l'une de vos propres peintures.
Kristen Stewart : J'étais fixée sur la capture de l'image de cet homme très satisfait de dormir dans le fond de l'océan. J'étais obsédée par le fait de mettre quelqu'un dans un endroit où il n'habiterait pas naturellement et de l'avoir en quelque sorte comme une habitation. A ce moment-là dans ma vie, c'était incroyablement attrayant pour moi, c'était simplement une sorte d'isolement. Les années ont progressé et j'ai été occupée à faire d'autres choses et j'ai réalisé que tout ce que j'avais écrit durant les cinq dernières années était la même chose. Il s'agit du même poème encore, encore et encore. Putain c'est tellement redondant et évidemment cela doit sortir pour que je puisse avancer. Donc, j'ai fait une peinture de cela. C'est assez simple – le point culminant du film est d'abord incroyablement grand et épique, dans sa propre expérience personnelle. Ensuite au second visionnage, c'est incroyablement régulier et un peu stupide, en quelque sorte amusant. [Le bus est de] cesser d'agrandir votre propre douleur. Putain tout le monde est pareil. Nous sommes clairs comme le jour, mon pote.

Journaliste : La plupart des gens n'ont pas encore vu Come Swim, alors expliquez-vous de quoi il s'agit.
Kristen Stewart : Oh mon pote, ce film est comme un chagrin frontal. Je ne vais certainement pas renoncer à cela, il s'agit absolument du sujet. C'est cette première chute dans ce monde existentiel. Vous pouvez vous attaquer avec des souvenirs ou, selon la perspective, vous pouvez faire un pas en arrière et vous dire, 'En fait, ce n'était pas si mal. C'était amusant, nous nous sommes bien amusés et c'était sympa'. J'avais donc mes deux acteurs jouant dans une piscine et parlant l'un à l'autre et je leur ai donné quelques mots clés. Mais ils ont dit certaines choses que nous avons retiré et qui l'ont rendu vraiment négatif et terrifiant et en quelque sorte sinistre au début.
Il est en train de se tuer avec ces souvenirs et son cerveau est tellement dispersé et il ne peut littéralement pas sortir les voix de sa tête, mais en réalité, cela n'était pas si mal. Il regrette tout ce qu'il a dit et il se dit, 'Ugh, pourquoi ne pouvais-je pas faire cela différemment ?'. Il réévalue tout et revient sur chaque mot qu'il lui a dit du genre, 'Comment aurais-je pu sauver cela, comment aurais-je pu le réparer, tout est de ma faute, j'ai tout foiré'. Dans la seconde partie du film, vous vous dites simplement, 'Mon pote, tu n'as pas tout foiré, cela est en quelque sorte tombé en morceaux, c'est ce qui s'est passé'. Je voulais simplement extérioriser une lutte incroyablement interne et ensuite la revoir de l'extérieur.

Journaliste : Comment vous décririez-vous en tant que réalisatrice ?
Kristen Stewart : Je suis une personne assez obsessionnelle, ce qui est je pense, totalement nécessaire. Vous devez être un peu fou pour vous mettre au cœur de quelque chose comme cela et effectivement faire en sorte que cela se produise. J'étais probablement un peu plus en contrôle que je pensais que j'aurais été. Ma chose préférée dans le monde est lorsque cela donne le sentiment que quelque chose commence à se lever et marcher de lui-même. Lorsque quelque chose est vraiment bon et que c'est rare – honnêtement, j'ai fait un million de films mauvais. Pas mal, c'est comme si parfois ils ne s'assemblaient pas d'une façon qui donne l'impression de flotter et vous soufflez en quelque sorte dessus pour le garder debout et vous vous dites, c'est vraiment arrivé. C'est tellement cliché, cela donne l'impression que c'est vraiment prétentieux de dire cela, mais vous avez le sentiment que cela vous guide et vous vous dites, 'C'était dingue, je ne sais même pas ce qui vient de se passer' et c'est juste foutrement réel.

Journaliste : Il y a beaucoup de discussions ces jours-ci à propos des femmes à Hollywood et la nécessité d'avoir plus de femmes réalisatrices. Comment voyez-vous le problème ?
Kristen Stewart : Je suis vraiment heureuse de vivre dans l'année dans laquelle je suis maintenant parce que cela a été un processus lent. Mais je vois ce progrès et tout est fondé sur le désir. C'est contagieux. Honnêtement, dès que cela se produit un peu plus, cela va simplement se mettre en mouvement et faire l'effet boule de neige. Les femmes regardent des films à prédominance masculine, tout comme plus de femmes regardent des films que les hommes. Nous avons besoin de commencer à nous rendre compte que nous pouvons nous concentrer sur nous-mêmes et explorer cela. Il y a tant d'histoires qui ne sont pas racontées, c'est dingue. Quelqu'un a besoin de faire une putain d'histoire d'amour moderne, quelqu'un a besoin de faire quelque chose qui est d'actualité maintenant, au lieu de la merde que nous avons régurgité depuis des années. C'est satisfaisant mais c'est n'est pas ce que les gens sont en train de traverser.
Pour ne pas évoquer [l'investiture de Trump], mais en ce moment, les gens sont tellement fâchés et cela donne le sentiment d'être tellement bon. C'est la chose la plus éloignée de la complaisance et je sais que c'est facile de tourner autour parce qu'il y a des putains de personnes foutrement manipulatrices qui disent, 'Les gars, pourquoi vous êtes tellement en colère, ne soyez pas si haineux'. Mais, 'Non, putain je te déteste et je vais en parler'. Je pense que nous vivre une révolution artistique sérieuse. C'est ma vie.

Journaliste : Est-ce que vous vous voyez réaliser des longs métrages prochainement ?
Kristen Stewart : Ouais. Honnêtement, cela m'a pris trop longtemps, je ne peux pas croire que j'ai déjà 26 ans et je viens juste de faire mon premier court métrage. Je ne vois pas une énorme distinction entre l'interprétation et la réalisation de la façon dont je l'aborde. Donc, je veux me permettre de prendre un certain élan et permettre de me donner confiance. Pourtant, j'aime ce que je fais. C'est en quelque sorte la même chose. C'est comme lorsque c'est bon et c'est foutrement cohésif et bon … J'ai des yeux heureux de maniaque, du genre je deviens foutrement ébahie lorsque quelque chose fonctionne, je ressemble littéralement à une personne dingue. C'est tellement satisfaisant, c'est fou. Je serre les dents.

Journaliste : Avez-vous des conseils pour les jeunes femmes qui veulent vraiment devenir réalisatrices ?
Kristen Stewart : Peu importe la personne que j'ai rencontré qui fait des choses pour elle-même et se force à les faire, vous ne pouvez pas l'attraper sur son chemin. Il n'y a simplement pas de moyen de les arrêter et je dirais, faites-vous confiance. Il y a des gens qui regardent simplement désespérément des choses et veulent simplement expliquer la beauté de quelque chose. Si vous avez ça, alors putain vous l'avez. C'est le pire conseil, mais simplement croyez dans le désir. C'est le pire sentiment du monde que de vouloir quelque chose et de s'en priver. Putain faites-le simplement.



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