mercredi 15 mars 2017

Personal Shopper : Portraits & interview de Kristen & Olivier Assayas avec Associated Press

A l'occasion de la press junket américaine de Personal Shopper, Kristen et Olivier Assayas ont réalisé une série de portraits pour Associated Press. Dans une interview, ils évoquent également leur collaboration et leur amitié, le projet et le tournage compliqué, Hollywood ou encore la vie privée de l'actrice.



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Stewart et Assayas trouvent une voie dans l'ombre de la célébrité
NEW YORK (Associated Press) – Dans l'arrière salle débraillée d'un restaurant d'East Village, Kristen Stewart est en train de motiver sarcastiquement le réalisateur français Olivier Assayas pour une séance photo.

'Tu es en Amérique maintenant, mon pote !', plaisante Stewart. 'Putain on doit vendre ce film !'.
Stewart, un vétéran des blockbusters agée de 26 ans, est bien informée des exigences de la promotion des films. Mais avec Assayas, elle a trouvé une liberté issue de telles préoccupations. Le réalisateur et elle ont formé une amitié improbable mais formidable qui a donné naissance à deux films très acclamés, les deux faits en Europe, très loin des règles d'Hollywood.
Ils sont une duo étrange : elle, une star de haut rang rebelle originaire de Los Angeles qui est devenue l'une des actrices les plus excitantes et intransigeantes ; lui, un Parisien réservé dont les films superposés, cérébraux oscillent entre la réalité et la fiction.

Qu'est-ce qui les fait accrocher ? Ils rigolent.

'Je ne suis pas sûr', dit Assayas. Stewart hoche de la tête. 'C'est la question principale', dit-elle. 'Je ne sais pas. Nous nous adorons'.

Leur dernier film, Personal Shopper, est plein de mystères également. Il s'agit d'une histoire de fantômes, qui se déroule dans un monde contemporain de SMS et de recherches sur Google. Dans le film, qui est sorti vendredi, Stewart joue une jeune femme dont le frère jumeau vient juste de mourir. Son travail journalier est de faire du shopping dans Paris pour une célébrité barrée, mais elle est également une médium et une série de rencontres étranges lui font croire qu'un esprit (son frère?) la contacte.

Personal Shopper suit leur film précédent Clouds Of Sils Maria, un film singulièrement énigmatique dans lequel Stewart a joué un membre du personnel (une assistante du personnage de comédienne de Juliette Binoche) d'un personnage encore plus célèbre. [Le rôle a offert un César à Stewart, la première Américaine à remporter la récompense française]. Mais en s'intéressant à des personnages en dehors de la lumière des projecteurs – et dans des films en dehors des standards hollywoodiens – Stewart n'a jamais été autant elle-même à l'écran.
'Je pourrais faire des films à propos de Kristen étant une star de cinéma ou n'importe quel autre personnage qu'une actrice à sur les réseaux sociaux', dit Assayas. 'Mais ce qui m'intéresse, c'est la personne. Donc je jette le fardeau de la célébrité sur quelqu'un d'autre, afin qu'elle puisse être libre de cela'.
'Peut être que pour le prochain, je pourrais jouer une actrice célèbre', plaisante Stewart. 'Essaye de normaliser cela !'.
Il y avait beaucoup de moments tout en faisant Personal Shopper où la célébrité de Stewart a été envahissante. En tournant dans les rues de Paris (Stewart conduit un scooter à travers la ville dans le film), ils ont été entourés par les paparazzi. Assayas reconnaît pour cela et d'autres raisons (une équipe difficile, sa sous estimation de la complexité d'une longue séquence avec des textos) que le film avait 'une énergie étrange'. 'Nous avons lutté pour ce film', dit-il.

Mais Stewart dit qu'elle a canalisé les intrusions dans son personnage hanté. 'J'ai pensé que j'étais enlevée et c'était bien', dit-elle. 'Cela m'a rendu plus sensible. Mes nerfs étaient très proches de la surface'.

Dans les deux films, Stewart a savouré la chance de faire une remarque sournoise sur le complexe industriel des célébrités.

'En tant qu'étranger, vous êtes autorisé à commenter très honnêtement des choses qui sont indéniablement, objectivement étranges', dit Stewart. 'Mais si vous êtes la personne qui est au centre de cela, alors tout d'un coup, ces commentaires deviennent cinglants et vous êtes ingrat et compagnie. C'était sympa de pouvoir dire la vérité et ne pas être alpaguée pour cela'.
Pourtant, l'ancienne actrice de Twilight, avec des cheveux fraîchement décolorés, a obtenu à juste titre une réputation d'être une star particulièrement franche et directe. Elle a accepté rôle après rôle, habituellement dans des petites productions indépendantes (Certain WomenEquals, Café Society) avec une insatiable envie de travailler, de continuer à explorer. Stewart a également présenté un court métrage qu'elle a réalisé à Sundance cette année.
Dans un monologue mémorable pour l'émission Saturday Night Live plus tôt cette année, elle a réfléchi lorsque Donald Trump en 2012 a tweeté à plusieurs reprises que son petit ami de l'époque Robert Pattinson aurait dû 'la larguer'. 'C'était inconcevable, en fait', dit Stewart. 'A l'époque, je le considérais comme une star d'une émission de télé réalité. Je me disais, 'Qui est ce mec ?''.
'Pour être honnête, il y a tellement de choses importantes et qui ont vraiment des répercussions qu'il a dites et qu'il dit encore tout le temps', continue t-elle. 'C'était simplement un étranger, fascinant parce que c'est tellement ridicule en termes d'importance. Cela en valait la peine que tout le monde sache cela parce que c'est foutrement bizarre'.

Elle a également, dans une réprimande adressée à Trump et une inspiration pour les autres, annoncé, 'Et je suis tellement gay, mon pote '.

'Je me suis vraiment permise d'être vraiment libre et sans égards envers les autres de vivre ma vie', dit Stewart. 'Il y a simplement un moment où je suis me suis rendue compte que les choses que vous faites et que vous dites, lorsque vous avez tellement de gens qui vous regardent … Elles affectent les autres. Donc je suis vraiment fière de cela. Mais, en même temps, je déteste que ce soit un si gros truc. C'est un fait de la vie maintenant, mais c'est comme, peu importe. Pour moi, cela n'est pas personnellement une grosse affaire mais je sais que cela peut l'être pour les autres'.
Stewart et Assayas peuvent, à bien des égards, être les opposés. Mais ils sont tous les deux enclins à suivre leurs instincts dans des directions imprévisibles et de poursuivre des questions dont ils savent qu'elles ne mèneront à aucune réponse. Peu importe la raison, cela colle entre eux.

'C'est un fait qu'un film comme Personal Shopper se fait à cause de Kristen', explique Assayas. 'La façon dont nous fonctionnons me permet d'essayer, finalement, des choses plus audacieuses. D'une certaine manière, elle me protège'.

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