jeudi 15 juin 2017

Come Swim : Interview de Kristen avec Associated Press [Cannes 2017]

A l'occasion de la press junket de Come Swim lors du Festival du Film de Cannes 2017, Kristen évoque le processus d'élaboration de son premier court métrage, le tournage et sa présence sur la Croisette en tant que réalisatrice dans une interview avec Associated Press.



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs



Kristen Stewart : Vous pensez qu'un acteur qui fait ses débuts en tant que réalisateur va habituellement … Les gens parlent les uns avec les autres des films … Ce que j'aimerais également faire. Mais il s'agissait plus d'externaliser un sentiment vraiment interne dont vous ne parlez pas vraiment. Hum et je pense que nous avons en quelque sorte bien réussi [à faire] cela dans la première partie. La première partie est principalement … Simplement comme cette douleur vraiment gigantesque que ce mec est juste en train d'expérimenter de manière viscérale et ésotérique comme … Comme si jamais personne n'avait autant vécu cette douleur [que lui] … Qui est en fait toujours ce que vous ressentez lorsque vous êtes super triste … Et ce que vous ne réalisez pas lorsque vous cheminez péniblement à travers cette eau … Vous avez le sentiment que vous êtes … Vous êtes seul là-dedans … Lorsque vous êtes en dehors de cela, vous réalisez et vous vous dites, 'Mec ! Tout le monde est en train de te regarder ! Tu as simplement l'air d'être triste et j'ai compris et on est tous passé par là !'. Mais lorsque vous êtes en plein dedans, vous ne pouvez pas participer … A la vie …



Kristen Stewart : Je suis tellement sensible que cela me rend dingue. C'est amusant, le premier film que je voulais faire était essentiellement simplement … Il s'agit d'un film à propos de quelqu'un qui dit, 'Tu ne comprends pas ! C'est horrible !'. [Rires] Et je réalise que tout le monde passe par cela … Mais ouais je suis en quelque sorte une petite nature ! Je veux dire j'aime également jouer la comédie, donc je ne veux pas, vous savez, échanger l'un contre l'autre. Mais, jouer la comédie dans les films demande tellement de temps que j'ai en quelque sorte besoin de me dire, 'Non !'. J'ai en quelque sorte besoin de me donner l'autorisation mais de ne pas être cupide ou quelque chose du genre. Je deviens toujours nerveuse, je me dis, 'Oh, attendez ! Laissez-moi lire absolument tout à propos de cela !', s'il y a quelque chose que je veux … Et à la fin, vous finissez par juste jouer la comédie dans les films. Donc, je veux étendre ce court métrage vers un truc plus long et j'ai un autre court métrage que je veux faire donc là maintenant, c'est le truc sur lequel je me focalise.



Kristen Stewart : Cela m'a pris tellement de temps pour faire un court métrage alors que je pensais que j'allais être la plus jeune réalisatrice. Je travaillais avec Jodie Foster sur Panic Room et je disais, 'Je vais réaliser, je vais être la plus jeune réalisatrice qui va exister !'. Et hum … Pour moi, ce processus c'est genre … C'est lent … C'est vraiment, vraiment lent. Mais, je lui ai dit que j'étais en train de faire ce court métrage et elle m'a dit, 'Génial ! Enfin ! Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps ?'. Et je lui ai dit, 'Je ne sais pas je vais trouver le bon truc et l'écrire et assembler tout cela …'. Je ne sais pas j'ai travaillé avec des personnes tellement incroyables qui m'ont rempli avec … Vous savez ils détiennent un genre de clé et ils débloquent des choses … Hum je ne sais pas si je peux faire cela, je ne sais vraiment pas si je peux faire cela … Je veux dire beaucoup de doute en soi peut vous tenir éloigné des choses … Mais ensuite elle m'a dit, 'Mec, la première chose que tu vas réaliser, c'est que tu n'as rien à apprendre !'. Et tous les jours, sur le tournage, j'allais travailler avec … Pas vraiment en étant super nerveuse mais en quelque sorte j'anticipais les choses en me disant, 'Cela va être la jour où quelqu'un va venir à moi et me poser une question dont je n'ai pas la réponse'. Et cela ne s'est jamais produit ! Et au contraire, c'était simplement combien de questions pouvons-nous nous poser les uns les autres … C'est là où je me suis le plus amusée en faisant quelque chose et ouais … Les choses se sont simplement faites par elles-mêmes, en s'assemblant comme cela, 'Bim bam boum' … Et je me disais, 'Wow je ne peux !!!'. Et nous avons trimé en donnant de nous-mêmes mais à la fin, je me suis dit, j'ai regardé les choses et cela s'est fait par lui-même et je me dis, 'J'en suis super fière !' Pas que je sois fière de moi-même à proprement parler, mais je suis fière [du film].





Kristen Stewart : Oh mon dieu, je suis en plein délire. C'est fou. Honnêtement je veux dire, je pense que Thierry [Frémaux, le délégué général du Festival] est gentil avec moi ou quelque chose du genre. Il dit simplement, 'Ok, tu peux montrer ton petit film ici'. Je dis, 'Merci !'. Non je veux dire, je suis venue ici quelques fois … Donc je pense qu'ils se disent, 'Bien sûr, tu peux montrer ton petit court métrage !'. [Rires] Chose que j'apprécie vraiment !


* Interview écrite 

Les ambitions de réalisation de Kristen Stewart remontent à l'époque où elle a joué la comédie à 11 ans dans Panic Room le thriller de David Fincher en 2003.

'Je travaillais avec Jodie Foster et je me disais, 'Je vais diriger. Je serais la plus jeune réalisatrice qui existe', a déclaré Stewart lors d'une interview au Festival du Film de Cannes.

Il a fallu plus de temps que Stewart n'imaginait, mais elle a maintenant réalisé un court métrage intitulé Come Swim qui, après avoir fait ses débuts à Sundance, est venu à Cannes.

Il annonce ses ambitions cinématographiques et ouvre un nouveau chapitre dans la carrière rapide de l'actrice de 27 ans. Stewart développe déjà plusieurs autres projets et prévoit de développer Come Swim en un long métrage.

Lorsqu'elle a dit à Foster qu'elle allait finalement faire quelque chose, Stewart dit, 'Elle me disait, 'Ma pote, la première chose que tu vas réaliser, c'est que tu n'as rien à apprendre''.

Come Swim, qui sera lancé plus tard sur le site internet féminin Refinery29, n'est pas votre début de réalisation classique de la part d'un acteur. Il s'agit d'une représentation métaphorique de 17 minutes d'un sentiment, de l'oppression écrasante du choc et du chagrin. Un homme est submergé, littéralement, par l'eau de partout.

Stewart décrit le film comme une 'douleur amplifiée' et dit que son imaginaire l'a hantée pendant quatre ans.

'Vous ne vous rendez pas compte lorsque vous naviguez à travers cette eau, vous avez le sentiment d'être tellement seul', dit Stewart sur un balcon donnant sur le littoral de Cannes. 'Nous sommes tous passés par cela. Mais lorsque vous êtes dedans, vous avez le sentiment que vous ne pouvez pas prendre part à la vie'.

À plusieurs égards, Come Swim reflète quelque chose d'essentiel à propos de Stewart : elle est en hyper alerte vis à vis de son entourage et de ses émotions. C'est une qualité qui a probablement contribué à la construire, aux yeux de beaucoup (particulièrement les Français, qui ont fait d'elle la première actrice américaine à remporter un César pour le film sélectionné à Cannes Clouds Of Sils Maria), une artiste d'une sensibilité nerveuse, vivante.

'Je suis si sensible que cela me rend dingue', dit Stewart. 'C'est drôle (que) le premier film que j'ai voulu faire soit fondamentalement un film à propos de quelqu'un qui se dit, 'Tu ne comprends pas ! C'est horrible !''.

Cannes a été un lieu particulièrement significatif pour Stewart, [puisqu'elle est] venue ici avec ses deux collaborations avec Olivier Assayas, Personal Shopper et Clouds Of Sils Maria et l'adaptation de Jack Kerouac, Sur La Route.

Pourtant, venir à Cannes en tant que réalisateur est ce dont la plupart des réalisateurs rêvent.

'Oh mon dieu, je suis en plein délire. C'est fou. Honnêtement je veux dire, je pense que Thierry [Frémaux, le délégué général du Festival] est gentil avec moi ou quelque chose du genre', dit Stewart. 'Il dit simplement, 'Ok, tu peux montrer ton petit film ici'. Je dis, 'Merci !''.

Passer derrière la caméra a également été un moyen pour Stewart d'être le genre de réalisateur qu'elle est apprécie elle-même – un [réalisateur] qui favorise la découverte sur un contrôle fortement structuré.

'Le pire est lorsque la réalisation devient correctrice', dit-elle. 'On se dit, 'Alors faites tout par vous-même. Pourquoi est-ce que vous faites même des films ?'. Je ne veux pas des idées emballées et livrées'.

Come Swim, abstrait et impressionniste, n'est certainement pas comme cela. Pour une actrice qui fait des scores remarquables au box office, son film se préoccupe peu des attentes du public correspondantes.

À l'heure actuelle, elle essaie de consacrer davantage de temps à la réalisation – un défi pour une interprète attirée par les productions indépendantes.

'Je veux dire, j'aime également jouer la comédie. Je ne veux pas échanger l'un pour l'autre. Mais jouer la comédie dans les films prend tellement de temps que je dois en quelque sorte dire non. Je dois en quelque sorte me permettre de ne pas être gourmande ou quelque chose du genre', explique Stewart.

Faire Come Swim, dit-elle, est le truc le plus amusant qu'elle est fait sur un plateau de tournage.

'Je le regarde et c'est une chose en elle-même et je me dis, 'Je suis tellement fière de cela'', dit Stewart. 'Cela n'est même pas comme si j'étais fière de moi. Je suis fière du projet'.
 
Source Associated Press: 1 2

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