mercredi 17 octobre 2018

Lizzie : Portraits & interview de Kristen & Chloë Sevigny avec LA Times

A l'occasion de la press junket américaine de Lizzie de Craig William Macneill, Kristen et Chloë Sevigny ont réalisé une série de portraits promotionnels pour le journal LA Times. Dans l'interview, elles reviennent sur le développement du projet, leurs personnages, l'histoire et la place des femmes et de la sexualité à cette époque.



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs.

Il y a plus de 10 ans, Chloë Sevigny n'obtenait pas le genre de rôles au cinéma qu'elle souhaitait. Bien qu'elle soit connue pour avoir été nominée dans la catégorie 'Meilleure actrice dans un second rôle' aux Oscars en 1999 pour Boys Don't Cry, elle jouait toujours des rôles de second plan. Elle a donc créé un rôle de premier plan avec Lizzie, qui est désormais en salles dans certains cinémas, à propos de la célèbre Lizzie Borden.

'Je voulais jouer dans un film', a t-elle déclaré. 'Je voulais me donner l'occasion … Et j'ai dit que je voulais jouer ce personnage complexe et l'explorer en profondeur et proposer notre interprétation du mythe, sa légende'.

Lizzie est un thriller psychologique basé sur les meurtres de 182 du père Borden (joué par Jamey Sheridan) et de sa belle mère (Fiona Shaw), Sevigny joue le rôle du personnage principal dans les semaines qui ont précédé les décès pour lesquels elle a été accusée, jugée et acquittée. Elle est rejointe par Kristen Stewart, qui était sur le point de devenir la star du film Twilight en 2008 lorsque Sevigny essayait de faire que ce film se réalise et interprète la femme de chambre de la famille et la petite amie de Borden, Bridget.

Sevigny dit qu'elle était très 'familière' avec le mystère Borden étant née dans le Massachussetts. Elle a même passé une nuit dans le Bed and Breakfast Lizzie Borden, la maison où les meurtres ont eu lieu.

'Ils vous racontent toute l'histoire et vous foutent les chocottes et ils disent que 50% des clients partent au milieu de la nuit', a t-elle déclaré. 'Une fois que j'ai entendu leur présentation, je me suis dit, 'C'est un film et je veux le faire''.

La conception originale du projet, écrite par l'ami de longue date de Sevigny, Bryce Kass, alors colocataire, a atteri sous la forme d'une mini série qu'ils ont acheté chez HBO (Sevigny était proche de la fin de Big Love à ce moment-là). Alors que la production était en panne, Lifetime a dévoilé The Lizzie Borden Chronicles, un téléfilm mettant en vedette Christina Ricci, en janvier 2014. Mais Sevigny avait déjà investi tellement de temps et d'énergie qu'elle était toujours déterminée à faire le film.

'Cela a pris différentes formes au film des ans, mais nous avons simplement décidé d'en faire un film plus petit qui met l'accent sur la vie dans la maison et la relation [de Lizzie et Bridget]', a déclaré Sevigny. 'Nous l'avons transformé en une histoire d'amour'.

Et même si Sevigny avait eu l'occasion de s'attaquer à des rôles plus complexes depuis qu'elle s'était lancée dans la réalisation du film, elle 'devait le voir se concrétiser'.

'Je n'allais pas le laisser sur le côté', a t-elle déclaré. 'Je devais voir à travers'.

Pour Stewart, la signature du projet était simple.

'Juste le nom de [Sevigny] sur la page et le fait qu'elle l'ait fait elle-même et le fait que c'était sa première production … Et sur la base de mes impressions la concernant de loin et de sa connaissance de son travail, je savais que je voulais en faire partie', a t-elle dit.

Stewart a ensuite lu le scénario et 'cela s'est avéré être un joli regard intérieur de quelque chose dont je connaissais que la version en comptine'.

'J'étais attirée par l'idée de ce qui pourrait mener à quelque chose d'aussi odieux et à la façon dont ces deux femmes occupant des postes similaires se soutenaient mutuellement et les choses devenaient complètement incontrôlables'.

Tout en réalisant le film, toute l'équipe a essayé de ne pas laisser l'intérêt obsessionnel que l'affaire inspire souvent impacter leur travail.

'Certains sont fanatiques et j'ai fait des adaptations de livres et des choses qui passionnent les gens et quand cela diffère de ce qu'ils croient [que cela devrait être], les peuvent peut se réchauffer', a déclaré Sevigny. 'Donc, vous devez anticiper cela … Mais j'espère qu'ils apprécieront ce que nous faisons et qu'ils verront la beauté et la passion en elle'.

Stewart a ajouté, 'Pour quiconque est déjà impliqué, cela me ferait plaisir de savoir qu'il est intéressé par quelque chose de légèrement réinventé. Et nous ne nous exposons pas à la critique parce que nous ne prétendons pas être sur le qui-vive. Nous présentons une hypothèse, totalement. On dit, 'Imaginez si cela se produisait''.

Prenons, par exemple, la relation amoureuse entre les personnages de Sevigny et Stewart. Personne ne sait vraiment si les deux femmes étaient amantes.

'Il n'y a pas beaucoup d'informations sur [mon personnage] autre que ses allées et venues pendant le meurtre, ce qui les a amenés à vouloir que l'élément principal de cette histoire soit leur relation. Parce que la seule chose que vous savez avec certitude, c'est qu'elle a dû savoir que ce qui se tramait, parce qu'elle était la seule personne présente hormis Lizzie', a déclaré Stewart. 'Elle a lavé les vitres pendant deux heures ? Sérieusement ?'.

Expliquer cette relation a également permis au film, a déclaré Stewart, d'explorer la vie des femmes homosexuelles à une époque où leurs récits sont souvent négligés.

'Il y a tellement d'histoires que nous avons vues au fil des ans que des scénarios [LGBT] ne seraient pas présents parce qu'ils n'étaient tout simplement pas reconnus', a t-elle poursuivi. 'Peut être que c'est un film d'époque ou même un film plus ancien où ils ne reconnaissent pas l'élément gay qui est probablement là. Je pense que c'est vraiment cool de revenir en arrière et de se dire, 'A quoi ressemblaient les gays à l'époque ? et 'Qui seraient ces deux femmes ? Comment se présenteraient-elles à une époque où elles ne pourraient pas être naturelles avec ça ?''.

'J'avais le sentiment d'être très restreinte par les vêtements seuls. Vous ne pouvez être que cette robe noire, cette femme de chambre. Et quand elles sont finalement révélées, même si cela était à peine étoffé …'.

Sevigny interrompt, 'C'est vraiment tendre et pratique'.

'Et c'est bien que nous n'ayons pas quelqu'un – comme notre réalisateur hétérosexuel – qui arrive et qui dise, 'J'ai des idées sur la façon de raconter cette histoire visuellement', a poursuivi Stewart. 'Personne n'a dit, 'Ouais, mais rendons ça joli'. J'aime,[lorsqu'elles ont des relations sexuelles], que ce soit une sorte de course qui rue dans les brancards, [quelque chose de] super réel. Et ce n'est pas timide et cela ne cherche pas à montrer quoi que ce soit. Il y a une immédiateté qui est authentique et bonne'.

En tant que tel, Lizzie est instructif, a déclaré Stewart, à 'toute personne qui fait un film qui ne reflète pas directement qui ils sont ou quelque chose qui n'est pas totalement dans leur timonerie'.


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