dimanche 22 décembre 2019

Seberg : Interview de Kristen avec The Playlist

A l'occasion de la promotion de Seberg réalisé par Benedict Andrews, Kristen parle du film, de son personnage, du tournage, du contexte politique de l'époque, de son travail de recherches ou encore de sa collaboration avec le réalisateur Benedict Andrews et de la directrice de la photographie Rachel Morrison dans une interview avec The Playlist.



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Kristen Stewart n'est pas 'dégoutée' par le box office de Charlie's Angels et discute de sa passion pour Seberg

Ayant parlé avec Kristen Stewart à plusieurs reprises au fil des ans, sa passion pour son travail est toujours au premier plan. C'est la raison pour laquelle il n'était pas surprenant qu'après une campagne promotionnelle incroyablement longue pour Charlie's Angels cet automne, elle était prête à prendre le téléphone pour discuter de Seberg, un nouveau drame de la vraie vie qui sortira en version limitée vendredi (13 décembre). Lorsque Stewart croit en un projet tel que le film réalisé par Benedict Andrews, elle le soutient peu importe ce qu'il arrive. C'est l'une des raisons pour lesquelles sa réponse à la désastreuse du box office des 'Anges' n'était pas si surprenante.

'Eh bien, pour être honnête avec vous, je pense que si j'avais fait un film qui n'était pas bon et dont je n'étais pas fière et que beaucoup de gens l'avaient vu, je serais dévastée', dit Stewart. 'Heureusement, je ne me sens dégoutée car je suis vraiment fière du film. Et je pense que le genre de climat dans lequel nous vivons en ce moment est polarisant et c'est bizarre et c'est un peu difficile de promouvoir un film comme ça. Et je pense qu'essayer d'avoir une conversation féministe vraiment compliquée et trop politisée dans une interview télévisée de cinq minutes sur Charlie's Angels … Je me dis, 'Mon pote, on voulait juste passer un bon moment'.

Elle continue. 'Je suis déçue que nous n'en fassions probablement pas un autre, mais en même temps, je suis vraiment fière du film et je suis tellement heureuse qu'il existe et puisse vivre dans le monde. Parce que je pense que beaucoup de gens, c'est toujours assez important, même de manière vraiment non sérieuse'.

La bonne nouvelle est qu'avec Seberg, Stewart peut célébrer l'une des performances les plus appréciées de sa carrière. Il s'est peut être au cours de la saison des récompenses, mais sa représentation de Jean Seberg, une actrice vicieusement ciblée par le FBI dans les années 70, se tient aux côtés de son travail acclamé dans des films tels que Personal Shopper, Certain Women, Clouds Of Sils Maria, Still Alice et The Runaways.

Dans une conversation condensée pour cette échange de questions/réponses, Stewart a discuté de sa passion pour l'histoire de Seberg, de sa pertinence pour les retraits des médias d'aujourd'hui et l'importance d'un bon directeur de la photographie pour un projet (dans ce cas, Rachel Morrison, directrice de la photographie nominée aux Oscars).

Journaliste : Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous engager à raconter l'histoire de Jean ?
Kristen Stewart : Je savais qui était Jean Seberg en quelque sorte uniquement à travers A Bout De Souffle. Je n'avais vu aucun de ses autres films et j'étais manifestement très peu familière avec son travail de militante et en quelque sorte cette relation finalement complètement violente qu'elle avait avec le FBI, puis avec la surveillance. L'idée que c'était une histoire largement perpétuée que cette actrice excentrique est devenue une expatriée en déménageant à Paris parce qu'elle était toujours plus aimée là-bas et qu'elle s'est plongée elle-même dans l'oubli est une idée particulièrement fausse. Ce n'est pas vrai. Et un récit familier si gentil est si exaspérant, à savoir qu'une dame extravangante qui dérangeait les gens avec ses opinions devait fondamentalement être exilée et être qualifiée de folle. Et en réalité, elle était simplement quelqu'un qui croyait à l'égalité à une époque où c'était comme une notion violente ou une sorte de notion très menaçante. Donc oui, non seulement je pensais que le scénario était complètement bien écrit, mais il [Benedict Andrews] était seulemet soucieux de raconter un aspect de son histoire et il l'a vraiment très bien fait. Il n'essayait pas d'être un biopic. Il s'agissait simplement de révéler cet aspect très peu connu de l'histoire et de valider son combat. Et elle m'a toujours frappé comme quelqu'un qui était capable et vraiment débridée et instinctive. Et parfais définitivement naïve et hors de propos, mais son cœur battait toujous vraiment dans la bonne direction. Tout ce qui a été dit à son sujet, c'est qu'elle avait ces aspirations purement altruistes qui n'étaient pas uniquement motivées par ce à quoi cela pourrait ressembler d'être ce type de personne, mais elle se mettait vraiment en danger pour faire la bonne chose. Et j'ai pensé que c'était une histoire vraiment cool à raconter actuellement.

Journaliste : D'après vos recherches, qu'avez-vous retiré d'elle en tant que personne ? Y avait-il quelque chose que vous ne saviez peut être pas à son sujet ?
Kristen Stewart : Elle était toujours inattendue. Tout en elle était imprévisible. Tout sur elle en tant qu'actrice, en tant qu'interprète à une époque où le jeu n'était pas en soi plus performatif, elle donnait le sentiment d'être vraiment naturaliste et présente et vraiment disponible et honnête. Et cela m'a toujours vraiment frappé. Et je pense que c'est probablement quelque chose qui a frappé plus de réalisateurs européens. Je pense donc que cette énergie, cette sorte de nature infectieuse, cette flottabilité, elle l'a amenée dans tous les aspects de sa vie. Vous voyez ce que je veux dire ? Comme si elle avait ce genre de curiosité vorace et ce genre de désir vraiment innocent et positif de se connecter aux gens à venir et de connecter le plus de gens possible et de combler les lacunes. Vous pouvez le ressentir dans son travail d'actrice. Entendre la façon dont elle a parlé de choses qui comptaient pour elle, sa carrière, sa famille, sa politique. [Elle] ressemblait juste à quelqu'un qui était farouchement protecteur de ses idées, mais en même temps un peu tentaculaire dans la façon dont elle voulait faire bouger les choses. C'était définitivement quelqu'un qui n'avait pas peur. Et je le ressens dans son art et je le ressens dans sa politique.
Si vous regardez ses films, elle est si disponible et si présente et honnête et plutôt brillante et il y a cette lumière indéniable qui sort de ce genre au début de sa carrière. Toutes ces choses [qui se sont produites avec le FBI] ont en quelque sorte aidé à diminuer cette lumière. Au fil des années, vous pouvez voir cette lumière disparaître littéralement dans ses films. Et donc, je voulais être en mesure de vraiment lui rendre justice, son côté amusant, vraiment magnifier le côté qui est merveilleux, le côté qui est si attrayant et qui attire tout le monde. Et puis d'une manière courte, un peu réductrice étant donné que sa vie est très longue, montrer que dans le film qu'au début, elle était un peu imparable et à la fin, elle avait l'air un peu distante et un peu sans et un peu décharnée.

Journaliste : Lorsque vous recevez un scénario comme celui-ci, prenez-vous des notes ou notez-vous la performance pour savoir où vous en êtes sur son arc ? Ou est-ce quelque chose que vous ressentez comme vous le connaissez sur l'instant à cause de la scène en elle-même ?
Kristen Stewart : C'est en quelque sorte quelque chose que vous connaissez sur l'instant et qui fonctionne évidemment avec un bon réalisateur, c'est quelque cjose qu'ils sont chargés de tempérer. Vous avez donc le droit de perdre un peu de contrôle à l'intérieur de cela, sachant que cela va être mesuré. Je pense que c'est une sorte d'histoire vraiment bien définie avant même que j'y arrive.

Journaliste : On dirait que vous avez regardé beaucoup de ses interviews et d'autres films. Y a t-il eu des faits spécifiques sur toute l'histoire elle-même que vous avez découvert qui vous ont aidé dans votre représentation ou qui vous ont vraiment surpris ?
Kristen Stewart : Je pense que si vous lisez le dossier actuel du FBI, c'est le morceau de référence le plus désarmant et le plus frappant est la perception étrange d'elle de leur point de vue, le genre d'objectif qui note des détails apparemment sans importance, mais alors très révélateurs intimes. Certaines choses apparaissent d'une certaine façon à l'extérieur, mais si vous viviez réellement dans ces murs, alors vous comprendriez les choses. C'était dans l'ensemble des détails vraiment non contextualisés et intimes qui étaient comme vraiment offensants. S'ils parlaient de vous que vous les lisiez, vous auriez le sentiment d'être complètement volé. Et je suis curieuse de connaître certaines choses qui n'ont pas de sens dans le dossier. Vous vous dites, 'Mon dieu, ils ne comprennent vraiment pas toute l'histoire ici, évidemment'. C'était donc intéressant.
Et ensuite, je pense que Las Vegas n'est pas du tout petit. C'est comme [l'ex mari de Jean], Romain Gary, s'est également suicidé le même jour que Jean. Et il a dit, 'Je sais que tout le monde va la faire' – je paraphrase – 'mais une sorte d'hypothèse selon laquelle cela est lié à Jean et ce n'est pas le cas'. Et puis ça se termine, tout se termine. Donc je me disais, 'Wow'. Je veux dire, c'est comme crier, ce n'est pas ça. Mais c'est le cas. J'ai simplement pensé que quelle que soit la nature prétendument coïncidente de cela, c'était tout simplement fou pour moi. Et en lisant certain de ses travaux et certains de ses autres amants, qui ils étaient et en quelque sorte la façon dont ils fonctionnaient dans sa vie et le genre transitoire de sa vie. J'ai toujours dit, 'Wow, j'aime que les gens ne se concentrent par sur sa promiscuité, mais c'est vraiment plus sur ce qu'elle faisait'. Et je pensais qu'en soi [c'était] une femme vraiment moderne. Il y a quelque chose dans son énergie qui disait, 'Je suis ma propre femme et j'ai le droit de posséder ça'. C'était vraiment une femme moderne très subversive, progressiste, vraiment géniale.
Mais d'un autre côté, elle était toujours bannie à Paris à cause de ce scandale, qui n'était pas réel du tout. Elle a quand même été mise sur le côté, ce qui est extrêmement frustrant.
Et vous savez, tout ce dont je parle est probablement enveloppé dedans. Elle n'était pas très appréciée des traditionalistes 'normaux' de cette époque. Les gens qui étaient au pouvoir, les hommes qui ont commandité les coups de feu ont été totalement et complètement menacés par une femme comme ça. Et elle a dû le faire illégalement, parce qu'elle ne violait pas réellement la foutue loi en ayant sa propre opinion, en quelque sorte la mettre en avant plan de l'attention contemporaine parce qu'ils avaient des filles [et] qu'ils ne voulaient pas voir le monde aller dans le sens où elle voulait le voir partir. Et donc, ils ont dû se débarrasser d'elle.

Journaliste : J'ai l'impression qu'il y a des parallèles avec son histoire et ce que certaines personnalités publiques endurent aujourd'hui. Est-ce que cet aspect contemporain vous est venu à l'esprit pendant que vous lisiez le scénario ? Ou était-ce juste son histoire unique ?
Kristen Stewart : Non, je pense que tout le genre d'idée de vérité à travers la perception, ce que c'est, et vivre à une époque où il n'y a nulle part où recevoir des informations fiables et dignes de confiance qui vous font vous sentir en quelque sorte à l'aise d'avoir même une opinion. Si tout passe par le porte parole de quelqu'un, un pouvoir oppressif, alors il y aura toujours des doutes et des questions sur la putain de vérité. Et je pense qu'en soi, cette lutte, savoir avec certitude que quelque chose est d'une certaine manière et avoir les gens qui sont censés prendre soin de vous, vous mettre en lumière et vous dire que vous êtes fou, vous savez avec certitude que vous n'êtes pas, c'est évidemment une histoire incroyablement urgente en tant que telle. Et celle-ci, étant donné qu'elle n'est pas inventée, qu'elle est en réalité réelle, c'est simplement quelque chose que nous ne pouvons pas savoir à son sujet, vous voyez ce que je veux dire ? En tant que figure de l'histoire, nous devons comprendre qu'elle s'intègre dans ce récit.

Journaliste : Benedict est un réalisateur de renom, mais ce n'est que le second long métrage qu'il réalise. Qu'avez-vous retenu en travaillant avec lui ?
Kristen Stewart : Benedict est un réalisateur vraiment brillant. Je ne peux pas vous à quel point je croyais avec confiance qu'il me protègerait et qu'il protègerait Jean. J'avais le sentiment qu'il se souciait vraiment d'elle. J'ai parlé à quelques personnes qui ont travaillé avec lui sur la scène et des acteurs en qui j'ai confiance ont implicitement dit qu'il était comme quelqu'un qui savait comment raconter une histoire, qui la maintiendrait vraiment et qui la ferait mienne pour tout ce qu'elle est. Nous étions tous les deux un peu comme les humbles serviteurs de [Jean] dans ce cas. Je pense que c'est simplement un mec brillant. Il est tellement intelligent. Dîner avec lui est toujours comme une sorte d'expérience. C'est un putain de mec vraiment brillant.

Journaliste : Récemment, j'ai eu beaucoup d'acteurs qui ont en quelque sorte mentionné leur relation avec leur directeur de la photographie. Quelle est l'importance du directeur de la photographie en ce qui concerne votre performance et comment était-ce de travailler avec Rachel Morrison dans cette relation ?

Kristen Stewart : Celui qui vous regarde est important. L'énergie entre l'observateur et l'interprète est cruciale. Il y a un certain équilibre et toujours une sorte de relation distincte vraiment unique. Parfois, cela peut vous ouvrir en tant qu'acteur ou vous fermer. Certains aiment vraimer savoir ce que fait la caméra et certains l'oublient complètement. J'aime vraiment danser avec un membre de l'équipe pendant qu'il travaille sur ses films. Même si vous n'êtes pas le membre technique ou le directeur de la photographie et que vous êtes juste la personne sur qui la mise au point est faite et que vous êtes debout sur le plateau de tournage en tenant une perche, peu importe qui est dans la pièce avec vous. Cela affecte simplement la température de la pièce. Cela affecte toutes les façons dont la scène se révèle. Certains sont présents. Une chose que je peux dire à propos de Rachel, c'est que je sais qu'elle ne manque rien. Parfois, vous n'êtes pas [un acteur] qui est incroyablement ouvert ou quelqu'un qui joue devant la caméra ou joue une sorte de guillemets. Elle est capable en quelque sorte de tirer une certaine nuance qui peut être mise en place, parfois je pense, par les meilleurs acteurs qui soient. Et comme si vous saviez que peut être que si vous faites quelque chose de très petit, elle est tellement consciente de vous. Sa caméra est vraiment pénétrante et c'est aussi un regarde qui n'est nullement envahissant. C'est donc vraiment quelqu'un avec qui je brûle de travailler. Elle est devenue une très bonne amie. Je pense qu'elle est tellement géniale dans ce qu'elle fait. Elle a également accompli cette différence cool et vraiment flagrante dans le film entre mon monde et Jack [O'Connell] et le FBI. Je pense que l'un est très froid et objectif et qui donne le sentiment d'être immonde et l'autre est vraiment saturé et a en quelque sorte cette perspective romantique. Celui qui pourrait ressembler au monde de Jean est vraiment vivant et un peu naïf. Je pense donc que le film va et vient en étant vraiment trop stylisé ou exagéré ou conscient de soi. En fait, je pense qu'elle a fait un très beau travail dans ce film.


Source: ThePlaylist

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...