dimanche 19 janvier 2020

Underwater : Interview de Vincent Cassel avec Purebreak

A l'occasion de la press junket d'Underwater réalisé par William Eubank, Vincent Cassel mentionne Kristen et parle des personnages, du tournage, du réalisateur, du genre de l'horreur, d'Hollywood ou encore de sa carrière dans une interview avec Purebreak.



Vincent Cassel est à l'affiche d'Underwater, un survival de science-fiction sous l'eau avec Kristen Stewart, T.J. Miller et des ... Monstres. Anxiogène, immersif, plutôt réussi en tant que série B, le film de William Eubank ne manque pas de lorgner vers Alien, Abyssou encore Cloverfield (voir notre critique d'Underwater).   Vincent Cassel revient sur cette expérience américaine avec un franc-parler qui fait du bien ! On le retrouvera prochainement dans la saison 3 de Westworld sur HBO/OCS.  

Vincent Cassel [en réaction à mon t-shirt Danny's Tacos, la chaîne de restos de Tacos de Danny Trejo] : J’a cru que c’était moi sur le t-shirt. Quand j’étais en Mesrine. Il a des grosses cernes aussi lui.
Journaliste : C’est Danny Trejo. Oui je sais. En plus dans la vie, on ne se ressemble pas du tout.

Journaliste : Cela arrive que l’on vous confonde avec un autre acteur dans la rue ?   
Vincent Cassel : Non. Par contre, il y a souvent des mecs avec des gueules bizarres qui viennent me dire, 'Hey tout le monde me dit que je te ressemble'. Putain merde ! [Rires]

Journaliste : Qu’est ce qui vous a attiré dans Underwater ? C’est nouveau pour vous le survival avec des monstres.
Vincent Cassel : Il y a la réponse dans la question ! J’y suis allé par curiosité. Je me suis demandé, 'Putain, je vais faire un film de science-fiction hollywoodien ?'. C’est rigolo. Je n’ai tellement rien à foutre là que cela me fait plaisir d’y aller.

Journaliste : Qu’est ce qui vous a le plus surpris en faisant une grosse production comme celle-ci ?
Vincent Cassel : Surpris rien. Mais c’est toujours intéressant de voir comment sur des gros films de studio, il y a un sens de la hiérarchie. Ce que l’on a pas trop en France j’ai l’impression. En tant qu’européen, je pense que l'on a plus de distance. Je n’étais pas le seul européen, le chef op et le cameraman étaient italiens. J’ai un lien avec l’Italie ad vitam aeternam qu’on le veuille ou non. Quand on voyait tout ce cirque autour de nous, on se parlait en italien, 'Ma che cazzo fai' ('Qu'est ce que ce bordel ?') [Rires]. C’était assez marrant. Je suis content d’être européen. On est vieux mais j’ai l’impression que l’on a du recul sur pas mal de trucs finalement. C’est pas mal.

Journaliste : On vous perçoit comment à Hollywood ?
Vincent Cassel : Hollywood ce n’est pas une chose. C’est plein de gens qui se font des croche-pattes et qui se plantent des poignards dans le dos. Je … Ne sais pas. Comme le Français qui fait des trucs bizarres ? [Rires]. Là-bas les gens me connaissent de manière assez relative. Ce n'est pas moi la vedette, ça remet un peu les pieds sur terre.

Journaliste : Jacques Audiard nous disait pour les Frères Sisters que les américains travaillaient énormement leur personnages en amont ... 
Vincent Cassel : C’est une généralité qui mérite d’être questionnée [Rires]. C’est un peu le fantasme européen. Après oui, lui avait Joaquin Phoenix dans son film. Je suis sûr qu’il bosse cinq ans avant. Mais il y a des acteurs américains qui… Il n’y a pas de généralité. Chacun fait comme il veut... comme il peut éventuellement.

Journaliste : Beaucoup de réalisateurs prétendent que réaliser des films avec de l’eau, c’est l’enfer. Tourner un film sous l’eau, c’est l’enfer ?
Vincent Cassel : C’est souvent ce que l’on se dit dans le cinéma.  S’il y a des enfants, des animaux et de la pluie, cela va être galère. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y avait pas d’eau dans Underwater. Le seul moment où il y a de l’eau, c’est quand on est dans une espèce de tunnel et que l’on a de l’eau jusqu’à la taille … Quand on voit la surface de l’eau, il y a de l’eau. Quand on est sous l’eau, il y en a pas. C'est la magie du cinéma. 

Journaliste : Vous avez utilisé des fonds verts pour les scènes sous l'eau en profondeur ?
Vincent Cassel : Bizarrement non. C’étaient des décors lunaires assez délirants. Il avait une certaine magnitude à tout ça. On a tourné dans des grands studios avec des décors en débris comme dans le film. On se déplaçait comme on pouvait avec nos énormes scaphandres. Et après ils ralentissaient l'image et rajoutaient des bactéries, des matériaux qui flottent. Le principe c’est qu’ils ralentissent le corps et tout ce qui se passe au niveau du visage, ils le gardent à la vitesse réelle. Cela donne cette impression d’apesanteur.

Journaliste : Avez-vous un film de monstre préféré ? 
Vincent Cassel : Le diable dans Legend (de Ridley Scott). C’était assez réussi.

Journaliste : Quel est le film qui vous a le plus terrifié ? 
Vincent Cassel : Shining. Mais il y a pas longtemps j’étais à Venise et j’ai vu le remontage d’Irréversible. Je continue de penser qu’Irréversible est le film d’horreur ultime parce qu’il est possible. C’est ça qui est terrible. Quand c’est des trucs qui sortent de la réalité, on trippe mais en quittant le cinéma, on sait que c’est du bidon. Mais quand on se dit que cela peut arriver, surtout quand on a des enfants ... Des fous il y en a. Du coup, je trouve cela plus traumatisant à long terme.

Journaliste : Underwater, le film fini vous a surpris ? Vous l'avez tourné il y a près de 3 ans ... Vincent Cassel ; Absolument. J’ai été agréablement surpris d’autant plus que l’on a tourné ce film en 2017. C’est un des films qui s’est retrouvé bloqué lors du rachat de la Fox par Disney. Je l’avais un peu perdu des radars et je me suis dit qu'il ne devait pas être réussi s'il était bloqué. Ce n’était pas le problème. Le problème c’est que les décideurs de la Fox qui l'avaient commandé n'étaient plus là. Du coup, plus personne ne savait quoi en faire. Là je le découvre finalisé. Ce qui me fait plaisir, c’est que je l’avais un peu oublié et qu'il est habile au niveau de la mise en scène. C’est une des raisons pour laquelle j’avais accepté. J’avais vu le film précédent de William Eubank et je trouvais qu’il avait du style en tant que metteur en scène.

Journaliste : Quels ont été vos rapports avec Kristen Stewart ? Pensez-vous qu’elle soit sous estimée ? Pour beaucoup elle demeure cette gamine de Twilight
Vincent Cassel : C’est une actrice incroyable … Vous savez quand on est jeune, de commencer par des films pour jeunes n’a rien de déshonorant. C’est fantastique. Je ne suis pas très Twilight mais je vois l’impact que cela a eu sur mes enfants et sur toute cette génération. Elle a eu raison de faire ces films. Puis elle est vachement bien dedans. Ce que j’aime bien, c’est qu’elle est particulière physiquement. Elle a une beauté qui n’appartient qu’à elle. Cela en fait quelqu’un d’unique. Elle n’est pas uniformisée comme tant d'autres actrices ... Quels que soient les pays, il y a un style d’actrice. Elle y échappe. Elle est assez unique.

Journaliste : Y a t-il des réalisateurs américains avec qui vous aimeriez travailler ?
Vincent Cassel : A peu près ... 329. [Rires]

Journaliste : C’est précis …
Vincent Cassel : Oui. Il y en a plein. Il y en a même que je ne connais pas. Je ne pense pas comme ça. Ce qui m’intéresse c’est d’être surpris par le prochain truc qui va m’arriver dans les pattes. Donc quand je ne sais pas, c’est bien.

Journaliste : Vous avez toujours ce même plaisir de tourner ? Vous faites environ 3/4 films par an, parfois plus. C’est un besoin ou ce sont des projets qui vous excitent ?
Vincent Cassel : Il y a un moment où j’ai un peu moins tourné, par flemme. Je me disais ouais je n’ai pas besoin de ça. Puis à un moment je me suis dit, 'C’est con. tu fais quoi en fait ? T’es acteur ? Alors acte ?'. Je travaille mais ça va. Même si je tourne beaucoup, j’arrive quand même à bien profiter de ma vie. Pour moi,  l’un ne vient pas sans l’autre. Si je ne faisais que travailler, je m’en voudrais énormément. Mais là, j’ai réussi à trouver une certaine forme d’équilibre entre ma famille et le boulot.

Journaliste : Cela vous arrive de regarder vos films quand vous tombez dessus à la télé ?
Vincent Cassel : Vite fait. J’ai tellement de trucs à voir que de me voir n’est pas trés intéressant. Avant je regardais plus souvent mes films parce que je voulais me faire un avis sur ce que je faisais. Maintenant mon avis je me le fais en terme de sensations lors des tournages. Je regarde une fois le film fini pour savoir quand même de quoi je parle en promo. Mais pas deux fois.

Journaliste : Quel est votre dernier coup de coeur au cinéma ?
Vincent Cassel : Les Misérables. Evidemment. J’ai aussi adoré 90's, le film de Jonah Hill.


Source: Purebreak

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