dimanche 26 janvier 2020

Underwater : Interview de William Eubank avec The Beat

A l'occasion de la press junket d'Underwater, le réalisateur William mentionne Kristen et parle de leur collaboration, du film, des personnages, du tournage, de la préparation et de la post production du projet ou encore du genre de l'horreur dans une interview avec The Beat.



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Interview – Le réalisateur William Eubank à propos de la réalisation d'Underwater avec Kristen Stewart qui 'déteste l'eau'

Et sa théorie selon laquelle James Cameron pourrait être un alien.

Si vous avez vu les publicités du thriller sous marin Underwater, sorti ce vendredi [le 10 janvier aux Etats Unis], vous ne connaissez peut être pas le parcours du réalisateur William Eubank en tant que directeur de la photographie pour créer des thrillers indépendants bien reçus comme Love et The Signal avant de faire un long métrage de studio avec un grande star comme Kristen Stewart.

Dans Underwater, Stewart joue Norah Price, ingénieur électricien à la station de forage Kepler reponsant le long de la fosse Mariana, à 7 milles sous la mer. Lorsqu'un tremblement de terre frappe la station, Norah et certains de ses collègues survivants doivent se frayer un chemin à travers le fond de l'océan jusqu'à une station voisine. Mais ils ne sont pas seuls là-bas.

Même s'il a fallu un certain temps pour sortir Underwater, y compris une énorme quantité de travail VFX et un nouveau studio, c'est à dire Disney prenant le contrôle du film au milieu de la post production, c'est en fait un thriller assez décent si vous aimez les films comme Leviathan, The Abyss et d'autres. (Autrement dit, c'est un meilleur film que Sphere, même si cela ne veut pas dire grand chose).

The Beat a téléphoné à Eubank plus tôt cette semaine pour l'interview ci-dessous.

Journaliste : Je sais que vous écrivez beaucoup de votre propre matériel. Était-ce quelque chose que Chernin ou Fox développaient depuis un certain temps avant de prendre les commandes ?
Williame Eubank : Je ne sais pas depuis combien de temps ils se développent, mais ils ont obtenu le scénario de Brian Duffield, un peu sous le radar. Je ne pense pas que ce soit vraiment sorti sur le marché. Je pense qu'ils l'ont saisi tout de suite. À cette époque, je parlais avec Universal pour essayer de placer mes pions pour faire Fast And Furious – je ne me souviens pas lequel – mais mon agent m'a envoyé celui-ci et ils m'ont dit, 'Eh Will, tu pourrais aimer celui-là'. Je me souviens que c'était l'un de ces scénarios pour lequel je venais juste de m'asseoir – je ne connaissais vraiment personne chez Chernin à l'époque – et j'ai lu le scénario et dès le départ, je me suis, 'Wow ! Ce film déchire simplement'. C'était juste une lecture amusante et un endroit tellement intéressant. Je ne savais pas comment nous allions le faire, mais je me disais, 'Oh, c'est cool'. Il est donc très rare de parcourir un scénario simplement parce que vous voulez aller jusqu'au bout pour savoir ce qui va se passer, et celui-là était l'un de ces scénarios.

Journaliste : J'aime personnellement les thrillers de science fiction sous marins et les thrillers spatiaux. Étiez-vous un fan du genre vous-même ?
Williame Eubank : Vous savez ce qui est drôle ? Je vais être totalement honnête ici. Je n'avais jamais vu Leviathan ou DeepStar Six. Je suis fan, mais je suppose que je n'ai pas fait toutes mes recherches et je le dis simplement parce que tout le monde continue à dire, 'C'est comme DeepStar Six' ou 'C'est comme Leviathan' et je me suis dit en pensant, 'Oh mec, je n'ai jamais vu ces films'. Maintenant, je les entends tout le temps parce que les gens continuent de les mentionner. Certaines personnes disent que nous ne pouvons pas faire plus de films sous marins ou quelque chose du genre. Simplement parce qu'il y a A Fistful Of Dollars, ce n'est pas comme si vous ne pouviez plus faire de westerns, donc j'ai l'impression qu'il n'y a pas assez de films sous marins, alors lançons-nous un peu plus, non ?

Journaliste : En fait, je pensais plus à The Abyss.
Williame Eubank : Oh mon dieu. Je suis un grand fan de The Abyss, et évidemment, j'ai vu ce 'making off' et ce que Cameron a accompli ici est mythologique. Il n'est tout simplement pas humain.

Journaliste : Un film comme celui-ci, vous devez créer beaucoup de choses, que ce soit sur le plateau de tournage ou dans un ordinateur, puis vous avez toute cette eau, alors comment commencez-vous à préparer un film comme ça ?
Williame Eubank : Eh bien, vous commencez juste à le manger bouchée par bouchée. Beaucoup de chose que nous devions techniquement comprendre parce que nous avions du 'sec pour mouillé', puis nous avions des réservoirs. Nous ne sommes pas un film de 100 millions de dollars, nous sommes à 60 millions de dollars après le crédit d'impôt de la Nouvelle Orléans. Il fallait vraiment essayer de comprendre comment nous pouvons accomplir cela, sachant essentiellement que nous avions tout cela pour les effets visuels et pour les effets pratiques. C'était comme un puzzle géant essayant de comprendre dans quel ordre le tourner et comment avoir les acteurs dans et hors des costumes et quand les mettre dans de vrais costumes qui sont allés sous l'eau … Donc vous êtes constamment en train de jongler avec tout ce que vous pouvez imaginer.

Journaliste : J'imagine que la conception de la créature a été faite assez tôt, car ce sont certainement des créatures d'apparence très unique.
Williame Eubank : Oh merci. Pour être totalement franc, nous avons commencé avec une créature différente. Évidemment, vous commencez avec ces créatures, vous les concevez pendant que vous lancer le film pour obtenir le feu vert. Lorsque nous avons commencé à tourner le film, ils ont évolué. J'ai commencé avec quelque chose de beaucoup plus, presque réaliste, et alors que vous descendez dans l'obscurité en imaginant vraiment ce qui pourrait être là-bas, plus vous allez profond, plus il pourrait vraiment y avoir quelque chose. Nous avons commencé à devenir de plus en plus mythologiques et sans dévoiler des spoilers, je savais à la fin de la journée, que pour avoir quelque chose pour le lendemain, ils avaient des images et il semble qu'il y ait quelque chose qui vit là-dessous. Je pensais juste que c'était si effrayant. Et si vous voyez des empreintes de pas là-bas demain sur l'une de ces choses ? Ça va faire peur à tout le monde. Vous voyez ce que je veux dire ? Si soudainement nous sortions des petitese empreintes sous marines ou quelque chose du genre, cela changerait simplement notre façon de penser à l'océan – tout. En descendant dans cette obscurité … Nous savons si peu de choses, donc de cette façon, il pourrait y avoir n'importe quoi.

Journaliste : Donc, peu de gens ont été là-bas aussi. Je pense que James Cameron pourrait être l'une des rares personnes, curieusement.
Williame Eubank : Ouais, là encore, je vous le dis … Le gars est comme un alien et nous ne le savons tout simplement pas.

Journaliste : Et Kristen Stewart ? A t-elle également été impliquée très tôt ?
Williame Eubank : Ouais, elle l'a été. En fait, elle était notre premier choix et lorsque nous l'avons eue, c'était évidemment tellement excitant d'avoir son avis sur les choses. La vérité, c'est qu'elle déteste l'eau. Elle a dit catégoriquement, 'Je ne peux pas supporter l'eau. Je ne veux pas nager dans l'océan. Je n'aime pas aller sous l'eau. Je n'aime pas, donc je veux le faire'. Cela semble ringard, mais c'était vraiment un défi qu'elle voulait vraiment relever. Tout de suite, nous faisions des trucs de formation en plongée et elle a dit, 'Ecoute, ne me mets pas trop profond là-bas. Simplement au moment où tu le fais, allume la caméra et tu verras ce qu'est une vraie peur'. De toute évidence, nous avions ceux qui étaient pour les combinaisons 'sec pour mouillé', qui pesaient entre 40 et 50 kilos, puis ceux qui étaient réellement sous l'eau, il y avait ces énormes morceaux pour la poitrine et ils pesaient plus de 100 kilos et vous deviez être plongé avec un câble réellement sous l'eau. Une fois dedans, c'est comme un cercueil. Vous ne pouvez pas sortir. Et lorsqu'il est temps de sortir, cela vous prend environ 30 minutes pour en sortir. Donc, je veux dire qu'elle est … Tous les acteurs sont des gladiateurs pour se mettre dans cette position. Et je dois être honnête, je ne suis jamais allé sous l'eau dans l'un de ces costumes, mais d'après mes réflexions, cela semble être horrible. Donc, ils sont tous des champions.

Journaliste : Oui, ces combinaisons sont incroyables. Ils sont volumineux et ils semblent lourds et très réels lorsqu'ils sont sous l'eau. Je ne sais pas si cela a été fait avec des effets spéciaux ou une autre magie de film, mais je doute que les gens puissent le dire.
Williame Eubank : Oh merci.

Journaliste : Pour en revenir à Kristen, elle a fait beaucoup de choix intéressants et ce film semble vraiment être hors de son domaine à certains égards.
Williame Eubank : Ouais, Kristen est une telle championne. Elle est littéralement si singulière et pas seulement sa voix et ainsi de suite, mais simplement dans ses décisions. Elle disait simplement, 'Ecoutez, je ne fais normamelement pas des films comme ça, mais cela me terrifie et je suis attirée par le personnage. Je suis prête à exprimer ma peur sincère et à essayer de le faire'. Lorsque Kristen Stewart vous dit cela, vous vous dites, 'Ouais, faisons-le. Voyons comment y arriver'. Ensuite, c'est mon travail d'essyaer de la mettre sous l'eau le moins possible. C'était la partie difficile. Parfois, même dans les combinaisons étanches lorsque nous faisions du 'sec pour mouillé', les combinaisons étaient si lourdes et encombrantes, que même faire une autre prise était parfois douloureux. John [Gallagher] me disait que la plupart du temps, il avait des démangeaisons au visage, qu'il ne pouvait même pas toucher son visage parce que les bras ne pouvaient pas atteindre votre visage. C'est quelque chose à laquelle les astronautres et les gens doivent souvent être confrontés. Je n'ai même jamais pensé à ça, [le fait que] ne pas pouvoir toucher son visage avec ces costumes serait si horrible.

Journaliste : Vous faites beaucoup de recherches sur des trucs comme ça pendant la pré production ?
Williame Eubank : En fait, notre gars de la sécurité aquatique, Jim Pearson … En fait, c'est lui qui m'a appris à plonger. Je suis allé le voir il y a longtemps parce que je savais qu'il était l'une des autorités en ce qui concerne la plongée au cinéma et il a plongé toute sa vie. Il était en plongée au Vietnam et c'est une légende humaine vraiment impressionnante. Très tôt, je suis allée le voir et j'ai appris à plonger avec lui ; nous avons plongé au large de Catalina. Je me disais, 'Oui, je veux faire ce film Underwater'. Il pensait probablement, 'Will ne va jamais réellement faire ce film'. Un jour, je l'ai finalement appelé et dit, 'Ouais, je fais ce film'. Je lui posais des questions sur ces combinaisons de pression et de la plongée en eau très, très profonde et il a une telle autorité. Alors lorsque je l'ai appelé, j'ai dit, 'Monte à bord, on doit le faire'. Il a fini par travailler avec Legacy qui fait tous les gros effets pour Marvel et ensuite, il a fabriqué nos combinaisons. Ils ont travaillé ensemble pour construire la version de la combinaison qui irait vraiment sous l'eau. C'était tellement cool de travailler avec une légende comme Jim Pearson et de faire quelque chose dont il a dit qu'ils n'avaient jamais fait comme ça auparavant avec un système pour respirer et toutes ces autres choses.
Mes recherches étaient essentiellement [le fait que] je le harcelais genre tout le temps [en disant] : 'Quel genre de combinaison fonctionnerait comme ça ? Peux-tu faire ce genre de casque ?'. C'était cool de le voir se concrétiser et vraiment utiliser Jim pour faire le film.

Journaliste : Je pense que vous avez tourné ce film il y a quelque temps, alors y a t-il eu beaucoup de post production ? Ou le film a t-il été fait depuis un moment et le studio cherchait-il juste un endroit pour le sortir ?
Williame Eubank : Ouais. Parce que nous avons eu du 'sec pour mouillé', ce que nous avons fait d'une manière si unique. Nous filmions en utilisant une technique pour laquelle je pense ils ont été les pionniers sur The Martian. Vous deviez filmer sur des scènes sombres et utiliser une très fine couche de fumée et utiliser un éclairage volumétrique pour mesurer ensuite l'éclairage, puis le remplir avec de l'eau en post production. Beaucoup de scènes se font comme ça et nous étions en post production depuis un an. Je dirais aux ges que je dirigeais vraiment des bulles [d'eau] à la fin, juste en essayant de rendre les bulles réelles. Nous utilisions parfois toutes ces techniques et astuces. C'est toujours comme une légère main, alors parfois vous vous dites, 'Mon dieu, cette eau ne semble pas réelle ou elle ne donne pas l'impression d'être correct'. Donc, vous proposez, 'Eh bien, peut être que nous pouvons faire en sorte que cela se fasse ici' et jouer avec ces bulles. Vous vous trompez parfois, mais oui, cela a pris une éternité, évidemment. Et puis, bien sûr, Fox a été acheté par Disney, alors nous avons dû attendre que cela soit finalisé avant d'obtenir notre date de sortie et tout ce bazar.

Journaliste : Avez-vous également écrit d'autres projets pendant cette période ? Je vous que vous avez un projet avec Lorenzo di Bonaventura. Est-ce quelque chose que vous pourriez aborder ensuite ?
Williame Eubank : Oh ouais. Tautona, c'est génial. Je ne sais pas si c'est le prochain mais c'est un scénario vraiment cool que j'ai écrit avec mon frère, les mêmes gars avec qui j'ai écrit The Signal. Alors on verra. J'en ai également vendu un autre, en quelque sorte discrètement, à la Fox juste après avoir terminé ce jeu appelé War Bots. C'est un énorme projet de passion pour moi. Nous allons voir ce qui suivra. Je ne suis pas totalement certain, mais j'écris toujours, alors oui, j'espère que peut être l'un d'entre eux viendra dans le futur.

Journaliste : War Bots est un excellent titre.
Williame Eubank : Oh merci. C'est tellement génial, mon pote. C'est en quelque sorte mon hommage à des choses comme The Iron Giant et des films avec lesquels j'ai adoré grandir, alors nous verrons ce qui se passera avec ça.

Journaliste : Je suis ravie de parler avec vous à nouveau maintenant que vous êtes passé à la réalisation de films de studio et j'ai vraiment aimé le film. Et je ne dis pas cela non plus.
Williame Eubank : J'apprécie vraiment ça.

Journaliste : Je ne suis pas sûr que les autres critiques soient aussi justes que moi parce que c'est janvier et les critiques détestent généralement tous les films qui sortent en janvier …
Williame Eubank : Nous allons bien jusqu'à présent. Nous sommes à 50% sur Rotten Tomatoes. Je sais que ça va probablement changer et flucter vers le haut ou le bas, mais je suis vraiment content. 50% pour moi signifie qu'une personne aime ça, une autre non.

Journaliste : C'est en fait assez bon.
Williame Eubank : Qui savait ? Nous verrons donc ce qui se passe. Avec ces films, vous ne faites que des histoires pour le plaisir. Et donc à la fin de la journée, vous voulez simplement qu'il atteigne le public. Alors on verra.

Journaliste : En fait, j'aimais la tension et je la trouvais assez effrayante et je ne fais pas peur facilement. Je pense que Kristen apporte beaucoup à cela, mais vous ne savez pas non plus ce qui va se passer ensuite, ce que j'ai aimé.
Williame Eubank : Oh merci. Nous avons beaucoup mis la caméra dans le casque et je pense juste que c'est la chose la plus terrifiante. C'est donc très drôle d'obtenir la note. Nous essayions d'obtenir la classification PG-13 et ils ne cessaient de revenir en disant, 'Nous ne savons pas quoi vous dire de changer, mais c'est tellement effrayant'. Nous disions, 'D'accord, comment pouvons-nous obtenir cette classification PG-13, mais la réduire sans diminuer l'intensité ?'. Il n'y avait pas de choses qu'ils ne pouvaient pas spécifiquement dire de changer, ce qu'ils font normalement genre, 'Retirez cette putain de bombe' ou 'Fais ça'. Mais c'était juste … Je pense que c'est cette claustrophobie et cette tension étaient écrasantes. Nous sommes en fait arrivé à cet endroit où on se dit, 'C'est écrasant, juste assez'.

Journaliste : Je ne suis pas sûr que quiconque comprendra le système MPAA  et ce sera quelque chose qui hantera les cinéastres et le cinéma pour le reste de nos vies.
Williame Eubank : Nous devons nous transformer en James Cameron. C'est son prochain exploit … Faire comprendre cela.


Journaliste : Ca serait génial. Si jamais je lui parle, je lui proposerai.


Source: TheBeat

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