mardi 24 mars 2020

Kristen en couverture du magazine espagnol Yo Dona [Semaine du 28 février 2020]

Kristen sur papier glacé is back ! En effet, elle fait la couverture du magazine espagnol Yo Dona,  avec des dessins réalisés par Inès Maestre, pour son édition du 28 février. Dans son interview, elle parle de Seberg de Benedict Andrews et Charlie's Angels d'Elizabeth Banks, du mouvement #MeToo,  des étiquettes, de sa carrière et de son futur en tant que réalisatrice avec l'adaptation de The Chronology Of Water de Lidia Yuknavitch pour son premier long métrage.

Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Kristen Stewart – 'Je me fous de ce que les autres pensent de moi'

'Nous vivons une révolution sexuelle. Maintenant, il est beaucoup plus facile d'en parler qu'il y a quelques années, ce n'est plus blanc ou noir'.

Nommée Actrice de la Décennie par la Hollywood Critics Association, la protagoniste de la Saga Twilight s'apprête à franchir la prochaine étape : se mettre derrière la caméra avec une histoire sur une femme incomprise. Comment va t-elle faire ? 'Avec force et dévouement', dit-elle.

Le soin que Kristen Stewart met à choisir ses mots ('Vous ne pouvez pas imaginer la joie que je ressens lorsque je trouve le bon terme', dit-elle) fait d'elle la créature la plus multi tâche des médias ; une actrice (bientôt également réalisatrice) de philologue en herbe. Nous espérons que notre traduction sera à la hauteur de son talent. Par exemple, en entendant des mots comme maladroit ou bizarre, elle retrousse son joli minois. Parmi les étiquettes qui sont généralement attribuées aux personnes qui, sans préméditation, sont sous les projecteurs en tant que membres de la vie publique, celle qui a été la plus attachée à Stewart est 'maladroit' ['awkward']. Lorsque le premier film de la Saga Twilight est sorti, elle avait 18 ans. Elle connaissait le monde de l'industrie cinématographique, ses parents en faisaient partie. À 10 ans, elle tourne son premier film et à 11 ans, elle participe au non moins Panic Room avec Jodie Foster. Cependant, personne, pas même les personnes ayant plus d'expérience qu'elle, n'est préparé au tsunami que la tétralogie basée les best sellers de Stephenie Meyer a déclenché.

Elle inspire la tendresse [lorsqu'on se] souvient de son image à côté de Robert Pattinson, son petit ami à l'époque, lors d'une conférence de presse, arborant le même visage que si elle venait de sortir du service neurochirurgie de l'hôpital. L'antidote que les deux acteurs ont trouvé était de se distancier du cinéma plus conventionnel et commercial, dont les budgets mettraient un terme au sous développement de plusieurs pays. Le [journal] britannique The Guardian a titré : 'Est-elle trop bonne pour les blockbusters à gros budget ?'.

Une fois la foule dispersée, les satisfactions arrivent. Après avoir embrassé la cause de Seberg, un biopic à propos de l'icône de l'actrice américaine de la Nouvelle Vague et protagoniste inoubliable de A Bout De Souffle et du tournage d'Underwater, un film d'action apocalyptique (déjà sorti en Espagne) et également un reboot de Charlie's Angels, Kristen réalisera son premier long métrage, The Chronology Of Water, basé sur les mémoires de l'ancienne nageuse Lidia Yuknavitch qui a grandi avec un père violent et une mère alcoolique, et parle en toute liberté de sexe, d'abus et de genre. 'Le genre de livre que les gens ne lisent pas simplement, mais se convertissent aussi', a déclaré la critique du Huffington Post. Et, pour qu'il n'y ait aucun doute sur le rejet de Stewart envers les préjugés, rappelons-nous que Seberg a payé cher son amour pour le militant des droits civiques Hakim Jamal et la cause des Black Panthers et a fini par être une cible pour le FBI. Pendant ce temps, Lidia Yuknavitch a noyé son avenir en tnant que nageuse olympique dans une mer de drogues et d'alcool.

Journaliste : Avez-vous le sentiment d'être identifée aux exemples tragiques de personnes qui ne parviennent pas à surmonter la pression des étiquettes ?
Kristen Stewart : Je n'ai jamais eu le sentiment d'être étiquetée. Elles m'ont jeté en première ligne quand j'étais très jeune, ma relation avec ce monde était plus naïve que maintenant. Mais je n'ai jamais été de ceux qui disent, 'C'est la faute des gens, personne ne me comprend'. En fait, l'opinion que les autres ont de moi n'a pas à être fausse. Après tout, ces opinions sont le résultat d'informations que, consciemment ou inconsciemment, je leur ai transmises. Jean Seberg a compris très vite qu'une grande partie de ce qui s'est passé dans sa vie était hors de contrôle, il y avait des structures établies auxquelles elle devait s'adapter. Je ressens la même chose. Quant aux étiquettes, elles sont pour moi un sujet intéressant surtout lorsque je pense à la révolution sexuelle que nous vivons actuellement. Aujourd'hui, il est beaucoup plus facile d'en parler qu'il y a quelques années, maintenant les choses ne sont plus seulement blanches ou noires.

Journaliste : C'est le cas. Est-ce grâce à l'autonomisation des femmes, à #MeToo ?
Kristen Stewart : Je suis fière d'en faire partie. Franchement, je ne comprends comment cela ne s'est pas produit auparavant.

Journaliste : Votre décision de diriger The Chronologuy Of Water a t-elle quelque chose à voir avec une plus grande liberté lorsqu'il s'agit de parler de sexualité et de genre ?
Kristen Stewart : Cent pour cent. Le film parle d'une femme dont la vix est enfermée dans un corps victime de maltraitance. Jusqu'à ce qu'elle décide de revivre la douleur pour regarder à l'intérieur. Et elle trouve une voix puissante, d'abord sur papier puis dans le monde, sans aucune honte. Il y a très peu de romans d'entraide sur les femmes qui ne veulent pas accepter le mécanisme établi et proposé encore et encore par la société et la tradition. L'histoire de Lidia Yuknavitch est sale et primitive. Losque je l'ai lu, j'ai eu la même impression que j'ai ressenti en lisant Ham On Rye de Charles Bukowski.

Journaliste : Bukowski avec un point de vue féminin ? C'est presque effrayant.
Kristen Stewart : Oui, doublement honteux. Pour la violence et pour en avoir honte. Le sentiment qu'ils ne nous comprennent pas et ne nous acceptent pas tels que nous sommes.

Journaliste : Un projet passionnant. Comment comptez-vous y répondre ?
Kristen Stewart : Avec forece et délicatesse.

Journaliste : De quelle manière commencez-vous cette nouvelle phase de votre vie et de votre carrière ? Dans Underwater, vous arborez une tête rasée, comme une version sous marine d'Alien, et dans le reboot de Charlie's Angels, vous vous battez avec vos mains et vous faites une incursion dans la comédie.
Kristen Stewart : Dans le nouveau Charlie's Angels, nous allons au-delà du cliché de trois femmes aux capacités exceptionneles qui travaillent pour un mystérieux philanthrope. Ça en lui-même est déjà une belle histoire, mais dans ce film, il y a autre chose, quelque chose de typique de notre temps. Le monde est plein de femmes aux capacités exceptionnelles, maintenant nous en sommes conscientes. Sans parler de super héroïnes. Ce que j'ame le plus, c'est ce que ce n'est pas un film d'action dans lequel elles font la même chose que les hommes. Ce n'est pas 'nous pouvons le faire aussi', mais 'regardez quels résultats la force féminine obtient'.

Journaliste : Y a t-il des moments de votre vie en dehors du cinéma où vous avez le sentiment que vous utilisez votre force ?
Kristen Stewart : Lorsque je vote. Nous sommes tous nés et nous grandissons dans une famille, une classe sociale, un groupe d'amis et nous les considérons généralement comme des proches qui dureront pour toujours, mais ce n'est pas comme ça. Dans ces questions, nous pouvons également exercer notre de droit de décider, nous pouvons nous entourer de petits ou de grands mondes qui nous définissent, qui amplifient notre force. Chercher de la force chez les autres et comprendre que la leur multiplie la vôtre : cela a été une grande découverte pour moi. Lorsque vous avez le sentiment (elle saute sur la chaise avec enthousiasme [en disant], 'Nous l'avons fait, nous sommes alignés et quelqu'un répond, 'Oui'').

Journaliste : Cependant, il semble qu'à ce stade de l'histoire de nouveaux courants de machisme atroces apparaissent.
Kristen Stewart : Oui, il exist une typologie masculine qui ne s'éteindra pas naturellement. La vérité est que certaines personnes qui me sont très chères sont des vieux mecs blancs. Nous ne pouvons généraliser.

Journaliste : Puis-je avoir l'un des noms de ces mecs ?
Kristen Stewart : Vous plaisantez, n'est-ce pas ?

Journaliste : De nombreuses personnalités publiques souhaitent et craignent en même temps d'être au centre de l'attention. Avez-vous réussi à éviter cette paranoïa ?
Kristen Stewart : Selon une histoire très populaire en Amérique du Nord, certains individus, simplement parce qu'ils sont le centre d'attention, cessent d'être des gens et deviennent des bandes dessinées, des créatures en deux dimensions. Et il y a beaucoup d'argent qui tourne autour de ça, beaucoup de gens obtiennent une part du gâteau. Comprendre que vous faites partie d'une machine et que vous en êtes un élément vous permet de vous concentrer uniquement sur les opinions des personnes que vous appréciez et de vous passer du reste. Avant, ce sujet me rendait fou, mais maintenant, je vois la force derrière.

Journaliste : Dans Seberg, un personnage dit, 'La révolution a besoin de stars de cinéma'. Je pense que vous pensez la même chose.
Kristen Stewart : Dans certaines situations, nous pouvons aider les choses à changer et j'en suis convaincue. Il est difficile de faire une révolution debout sur une boîte de fruits en criant dans un mégaphone. C'est quelque chose de plus subtil et qui nécessite plus de temps. Influencer ou ne pas influencer la politique dépend beaucoup de qui sont vos compagnons de voyage. Si je peux aider quelqu'un à ne pas avoir honte de qui il est ou de ses décisions, je suis heureuse de le faire. Et si le prix que je dois payer est ma photo prise pendant que je fais mes courses, je l'accepte. Les laisser regarder donne un grand sentiment de puissance. Il est important de ne pas essayer de contrôler ce que le monde pense de vous. Franchement, je m'en fous.


* Scans digitaux





Source: @yo_dona @yodona
Transcription: @Uchiland
Scans: @Korita05 

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